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Turquie: vaste opération militaire dans le sud-est kurde

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- - Des membres des forces spéciales turques - Archives AFP

Une opération "antiterroristes" des forces de sécurité turques lancée dimanche soir a ciblé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Environ 18 villages ont été placé sous couvre-feu jusqu'à nouvel ordre. Sept mille gendarmes sont mobilisés pour cette opération d'ampleur.

Les forces de sécurité turques ont lancé dimanche soir l'une des plus vastes opérations "antiterroristes" de ces dernières années dans le sud-est à majorité kurde, ciblant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon les autorités.

Quelque 7.000 gendarmes, 600 policiers d'élite, ainsi que des dizaines d'hélicoptères et de blindés ont été mobilisés pour cette offensive à Lice, dans la province de Diyarbakir, ont indiqué à l'AFP des sources de sécurité. De plus, 18 villages ont été placés sous un strict couvre-feu jusqu'à nouvel ordre, a indiqué le gouverneur de la province de Diyarbakir dans un communiqué.

Reprise des violences depuis plus d'un an

Cette opération vise à "neutraliser les membres et les complices du (PKK), dont des cadres, qui sont soupçonnés de mener des activités dans ces zones boisées et montagneuses", selon ce communiqué. Après la rupture d'un fragile cessez-le-feu visant à mettre fin à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984, les violences entre le PKK et Ankara ont repris à l'été 2015.

De jeunes partisans du PKK, une organisation classée "terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux, ont lancé un mouvement insurrectionnel dans plusieurs villes du sud-est, où les autorités ont envoyé des chars et des militaires pour les en déloger.

Les purges post-putsch utilisées pour viser les kurdes

En parallèle de cette guérilla urbaine, qui est désormais terminée, la mouvance séparatiste kurde a lancé une campagne d'attentats qui ont ensanglanté le pays, frappant notamment Ankara et Istanbul.

La nouvelle offensive des forces de sécurité survient à quelques semaines d'un référendum sur une révision constitutionnelle qui renforcerait les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire, notamment depuis une tentative de putsch en juillet qui a été suivie de purges qui ont également frappé les milieux prokurdes.

G.D. avec AFP