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Turquie, Grèce, Italie... comment expliquer les violents incendies qui ravagent le Sud de l'Europe?

Un hélicoptère largue de l'eau sur un incendie de forêt, le 5 août 2021 près du village de Kechries (Grèce)

Un hélicoptère largue de l'eau sur un incendie de forêt, le 5 août 2021 près du village de Kechries (Grèce) - LOUISA GOULIAMAKI © 2019 AFP

Plusieurs centaines de pompiers et militaires sont encore mobilisés afin de circonscrire les centaines de foyers recensés.

La situation dans le Sud de l'Europe est catastrophique. Depuis maintenant plusieurs jours, différents violents incendies ravagent d'importantes zones de plusieurs pays. En Grèce, principalement, des centaines de pompiers sont encore mobilisés ce jeudi afin de circonscrire l'important sinistre qui est arrivé aux portes d'Athènes ces dernières heures.

Les flammes aux portes d'Athènes

D'importantes forces ont été déployées près du village de l'Ancienne Olympie pour protéger le site archéologique où se sont déroulés les premiers jeux olympiques de l'antiquité, à l'ouest de la péninsule du Péloponnèse.

Des forces équivalentes ont été déployées sur l'immense île d'Eubée, à quelque 200 km à l'est d'Athènes, théâtre d'un incendie violent et incontrôlé qui a pris mardi sur un terrain montagneux et arboré, asséché par les températures caniculaires des derniers jours.

Des centaines de maisons ont brûlé ainsi que plus de 25.000 hectares de pinèdes, d'après les premières estimations. Environ 90 personnes ont été évacuées par la mer mercredi depuis la plage de Rovies, au nord-ouest de l'île, par les garde-côtes grecs.

La Grèce fait face, depuis une semaine, à des dizaines d'incendies sous l'effet de la "pire canicule" en plus de trente ans, selon son Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, avec des températures oscillant entre 40 et 45 degrés Celsius. Des sapeurs pompiers français arriveront dans les heures à venir pour prêter main forte aux pompiers grecs.

En Turquie, une centrale thermique menacés

Ce jeudi toujours, en Turquie, les secours ont commencé jeudi à évacuer des centaines de villageois par la mer alors qu'un violent incendie se rapprochait dangereusement d'une centrale thermique stockant des milliers de tonnes de charbon.

Au son des alarmes d'évacuation, les habitants empilaient les maigres affaires qu'ils avaient pu sauver de leurs maisons à bord des hors-bords des garde-côtes mobilisés dans le port d'Oren, non loin de la ville de Milas, près de laquelle se situe la centrale.

Les autorités locales ont assuré que les réservoirs d'hydrogène utilisés pour refroidir la centrale, qui fonctionne au fuel et au charbon, avaient été vidés et emplis d'eau par précaution.

Évacuations en Albanie

En Albanie, pays voisin de la Grèce, un homme de 64 ans a été tué mardi dans un feu de forêt dans la région de Gjirokastrale dans le Sud du pays, où des centaines de pompiers et de soldats luttaient contre plusieurs dizaines d'incendies, a annoncé la police.

Les autorités ont ordonné l'évacuation des habitants de trois villages de la région de cette ville dont les alentours sont ravagés depuis deux jours par les incendies. Le pays est confronté depuis une semaine à des températures caniculaires.

À une centaine de kilomètres au Nord-Ouest, quelque 500 militaires et pompiers, épaulés par trois hélicoptères bombardiers d'eau, luttent depuis deux jours contre les feux dans la région de la ville côtière de Vlora, selon le ministère de la Défense.

Rechauffement climatique et canicule

Sans réelle surprise, le réchauffement global de la planète et la forte période caniculaire intense qui touche ces pays sont les responsables de ces incendies. Comme l'explique le météorologue Guillaume Séchet dans les colonnes du Parisien, "du fait du réchauffement climatique, la chaleur qui remonte du Sahara est de plus en plus intense."

"A cause de l'air frais qui stationne sur l'Europe occidentale, par effet de vases communicants, l'air chaud du Sahara remonte et touche l'Italie, la Grèce, la Turquie ou l'Albanie ", ajoute-t-il, citant les pays les plus touchés par cette canicule sans précédent.

Et les chiffres sont parlants. Selon le site La Chaîne Météo, le 3 août dernier, i la fait plus de 47 degrés en Grèce tandis que le record de 48 degrés sur le continent pourrait être menacé dans les heures à venir. Pour l'heure, plusieurs milliers d'hectares de végétation ont déjà été réduites en cendres.

La part imputable à l'être humain dans cette catastrophe humaine et écologique est confirmée par le ministre italien de la Transition écologique Roberto Cingolani, qui a signalé que 70% des nombreux incendies qui touchent l'Italie sont causés par l'être humain, volontairement ou non, aidés dans une faible mesure par les changements climatiques. L'Italie a également été touchée par de violents incendies en juillet passé.

Ce jeudi encore, les pompiers combattaient des incendies en Sicile, tandis que des maires de la zone de Matera, où brûle depuis mercredi une décharge d'ordures, ont invité la population locale à rester chez elle en gardant les fenêtres fermées.

L'UE à la rescousse

Face à cette situation dramatique, la Commission européenne a annoncé mercredi l'envoi d'avions, d'hélicoptères et de pompiers vers l'Italie, la Grèce, l'Albanie et la Macédoine du Nord pour aider ces pays à lutter contre les incendies.

Deux avions de type Canadair, en provenance de France, sont envoyés dans les zones touchées en Italie, détaille l'exécutif européen dans un communiqué.

Deux avions de lutte contre les incendies en provenance de Chypre apportent leur soutien à la Grèce, en plus d'une équipe de lutte contre les incendies chargée de soutenir les opérations sur le terrain, est-il précisé.

Cette aide est mobilisée dans le cadre du mécanisme de protection civile de l'UE et la Commission prend en charge au moins 75 % des coûts liés au transport.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV