BFMTV

Trump demande à CNN de retirer un sondage le donnant perdant, la chaîne lui répond

Donald Trump

Donald Trump - West Point

CNN a rejeté mercredi les allégations et revendications de l'équipe de campagne de Donald Trump qui demandait à la chaîne le retrait d'un sondage défavorable pour son candidat dans l'optique de la présidentielle, l'estimant biaisé.

Les relations délétères entre les médias américains et Donald Trump sont bien connues. Cette semaine, le ton est encore monté d'un cran. L'équipe de campagne du président des Etats-Unis a en effet formellement demandé au groupe audiovisuel CNN de retirer un sondage récent, donnant Donald Trump largement distancé dans l'optique de la présidentielle par son rival du parti démocrate, Joe Biden, par 55 points contre 41.

Mercredi, CNN a répondu par une lettre officielle, et relayée sur Twitter, en guise de fin de non-recevoir.

L'objet de la controverse est une enquête d'opinion de l'institut SSRS et publiée lundi. Outre l'écart de 14 points en défaveur du chef d'Etat en quête de réélection, elle soulignait un nouveau décrochage de ce dernier, ne totalisant plus qu'un taux d'approbation de 38%, le plus faible depuis janvier 2019 selon cet indicateur, et un taux de désapprobation de 57%. 

Mise en demeure

Le lendemain, une mise en demeure atterrissait sur le bureau de Jeff Zucker, patron de CNN, signée par Jenna Ellis, conseillère juridique de la campagne de Donald Trump et Michael Glassner, chef des opérations de la campagne. Elle demandait "une rétractation, des excuses et clarification pleines, entières et manifestes pour corriger ces conclusions erronées".

Le site de CNN a récapitulé les accusations formulées par la campagne de Donald Trump à l'encontre de son sondage. 

CNN se défend

Celles-ci sont issues du travail de McLaughlin & Associates, un institut de sondage présenté par CNN comme proche du Parti républicain. Tandis que McLaughlin & Associates fustigeait un panel "biaisé", CNN a défendu le panel de 1259 personnes, expliquant que les scores avaient été calculés à partir de la portion de 1125 électeurs inscrits. 

Les détracteurs de CNN se sont également émus de ne trouver que 25% d'électeurs se déclarant sympathisants du Parti républicain dans cette étude. Ils ont réclamé l'inclusion à l'avenir de 33% de Républicains dans ce type de travaux, conformément au profil politique de la population livré par l'élection de 2016. CNN a confirmé que seuls 25% des sondés avaient affirmé leur proximité avec la formation de la droite américaine mais a argué qu'il était traditionnel que les périodes pré-électorales montrent davantage de citoyens s'estimant "indépendants" des familles politiques, tandis que les scrutins révèlent au contraire une plus forte binarité du débat. 

La mise en demeure reprochait encore au média d'avoir procédé à ce sondage avant les bons résultats économiques, enregistrés par les Etats-Unis sur le front du chômage. CNN a rétorqué que l'enquête avait été réalisée entre le 2 et le 5 juin, jour des annonces. Enfin, tandis que le courrier accusait la chaîne de télévision d'avoir interrogé son panel sur les tensions raciales actuelles et non sur l'économie, la seconde a opposé au premier la présence d'une question sur le personnage auquel les Américains accordaient la plus grande conscience pour piloter les finances. Un volet qui, d'ailleurs, laisse la part belle à Donald Trump qui domine alors son adversaire de cinq points.

Dans la réponse adressée par David Vigilante, vice-président exécutif de CNN, à la campagne de Donald Trump, celui-ci en conclut: "Votre lettre est factuellement et juridiquement sans fondement". Il a ensuite déclaré "la rejeter dans son intégralité". 

Robin Verner