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Travailleurs détachés: la France réclame plus de contrôles à l'UE

Un ouvrier sur le site du centre commercial Aeroville, près de l'aéroport de Roissy (illustration)

Un ouvrier sur le site du centre commercial Aeroville, près de l'aéroport de Roissy (illustration) - -

Si la France veut des contrôles plus stricts concernant les travailleurs détachés, d'autres pays de l'Union Européenne se montrent réticents.

Réunion de la dernière chance aujourd'hui à Bruxelles. Après plus d'un an de discussions, les ministres du Travail européens cherchent un compromis sur la question des travailleurs détachés, ces travailleurs envoyés par leurs entreprises pour effectuer une mission dans un autre pays de l'Union Européenne.

Les 28 souhaitent renforcer une directive de 1996, qui prévoit qu'une entreprise puisse envoyer provisoirement des salariés dans un autre pays de l'Union européenne. Les conditions? Appliquer certaines règles du pays d'accueil, comme les salaires ou les conditions de travail, mais en versant les cotisations sociales dans le pays d'origine.

« Un élément porteur ».

Pascal de Lima, économiste en chef d'EcoCell, rappelle que « la France est le troisième pays le plus utilisateur de ce système » et que les travailleurs français en bénéficient. Pour lui, il faut voir les travailleurs détachés « comme un élément porteur, bénéfique ».

« Le fait que l’on puisse ouvrir le marché du travail permet de relancer la compétitivité, de stimuler les exportations, les parts de marchés », rappelle-t-il, « et la coopération signifie aussi accepter les travailleurs qui proviennent d’autres Etats ».

« Du profit en exploitant des salariés »

En charge des questions juridiques à la fédération CGT-construction, le premier secteur touché, René de Froment n'est pas d'accord. « Ce qui est inadmissible », pour lui, « c’est que des employeurs fassent du profit en exploitant des salariés et en ne payant pas les même droits que ce qu’ils devraient payer en France ».

Il estime qu'au final, « c’est la protection sociale qui n’est pas financée. Ce sont des jeunes qui ne sont pas formés et qui ne trouvent pas de travail et cela pèse sur les salaires parce qu’on met en concurrence des salariés qui n’ont pas les même droits ».

La France veut des contrôles plus stricts de cette main-d’œuvre. Mais En Europe, les positions françaises rencontrent des réticences. En Allemagne, on insiste sur la baisse des prix et les bienfaits de la concurrence. La Pologne, ou le Royaume uni s'opposent également à tout contrôle supplémentaire.

|||>> Les Français sont-ils victimes des travailleurs détachés?

La rédaction et avec A. Perrin et V.Joanin