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Traqué par la Mafia... sa vie est un enfer

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L’auteur de Gomorra, Roberto Saviano, vit un enfer depuis la sortie de son livre : la mafia de Naples le menace de mort. Une protection très stricte lui est imposée.

Le jeune journaliste italien Roberto Saviano, 29 ans et auteur de « Gomorra », était ce vendredi à Paris pour un colloque européen sur la lutte contre l'argent de la drogue. Dans son livre, il dévoile les activités de la mafia napolitaine, la Camorra. Un récit qui a fait grand bruit en Italie, où il fait depuis l'objet de menaces de mort de la part de la mafia. Des menaces réitérées en octobre, qui vont le contraindre à quitter l'Italie prochainement.
Le livre a été vendu à 2 millions d'exemplaires en Italie (record historique), et traduit en 15 langues. Le film, qui en est inspiré, a obtenu le prix du jury au dernier festival de Cannes et représentera l'Italie aux Oscars.

5 carabiniers le protègent en permanence

Giovanni Demauro, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Internazionale (équivalent de Courrier International en Italie) et ami de Roberto Saviano, témoignait ce vendredi sur RMC : « Je le connais bien, c'est un ami, on a mangé ensemble à Rome la semaine dernière, à coté de la rédaction du journal. Les gens le reconnaissent au restaurant, dans la rue. Certains le félicitent, lui demandent un autographe ».

Suite à ces menaces de mort, un imposant dispositif de sécurité a été mis en place autour de l'auteur, comme en témoigne Giovanni Demauro : « Il est accompagné en permanence de 5 carabiniers (gendarmes italiens, ndlr) en civil, qui étaient d'ailleurs avec nous dans le restaurant. C'est un corps d'élite, ses gardes du corps sont des Napolitains, ils se sont même portés volontaires pour protéger Saviano. Il me disait que ses gardes du corps sont devenus sa nouvelle famille. Il a deux véhicules blindés à sa disposition. Il faut bien comprendre que ces mesures sont imposées par l'Etat italien. Ce n'est pas Saviano qui a choisi ».

Il déménage tous les trois jours

Cette protection lui impose des contraintes drastiques : « Toutes les trois nuits, il change de domicile. Il tourne généralement sur 4 ou 5 villes en Italie. Sa protection coute très cher et, suite à des coupes budgétaires, ses gardes du corps ne peuvent plus faire d'heures supplémentaires le samedi soir et le dimanche. Saviano ne peut donc pas sortir et doit rester enfermer. Sa famille, en Campanie, est également protégée. Sa mère habite dans la région de Naples, elle est elle-même protégée par des services de sécurité. Il retourne de temps en temps la voir.

20 personnes à ses trousses, 24 heures sur 24

A l'étranger, Saviano est protégé comme un véritable chef d'Etat. Et pour cause, la mafia veut sa tête à n'importe quel prix. Giovanni Demauro détaille : « Quand il se déplace, ce sont les services secrets des pays qui reprennent le relais, notamment le FBI aux Etats Unis. Sa vie personnelle et sentimentale est très compliquée. Un groupe de 20 personnes est mobilisé pour le tuer : un commando d'une vingtaine de mafieux est mobilisé quasiment 24h/24 avec pour objectif de le tuer. Cependant, il arrive encore à faire son métier de journaliste. Il collabore avec le journal La Repubblica. Je ne sais pas s'il peut encore mener des enquêtes sur le terrain en Campanie mais il a encore accès à beaucoup d'informations, il a des contacts avec des magistrats, des personnes le contactent pour lui donner des infos ».

La rédaction-Bourdin & Co