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Tirs à Tripoli, le régime annonce avoir repris Zaouïah

Un partisan de Mouammar Kadhafi dans un cortège de voitures dans le centre de Tripoli. Des tirs ont retenti dimanche avant l'aube dans la capitale libyenne, où la télévision publique, citant une source militaire, affirme que les forces régulières ont repr

Un partisan de Mouammar Kadhafi dans un cortège de voitures dans le centre de Tripoli. Des tirs ont retenti dimanche avant l'aube dans la capitale libyenne, où la télévision publique, citant une source militaire, affirme que les forces régulières ont repr - -

par Maria Golovnina TRIPOLI (Reuters) - Des tirs ont retenti dimanche avant l'aube dans Tripoli où la télévision publique libyenne, citant une...

par Maria Golovnina

TRIPOLI (Reuters) - Des tirs ont retenti dimanche avant l'aube dans Tripoli où la télévision publique libyenne, citant une source militaire, affirme que les forces régulières libyennes ont repris le contrôle intégral des villes de Zaouïah et de Misrata.

Les soldats loyaux au colonel Mouammar Kadhafi, qui s'est de nouveau présenté comme un rempart contre les djihadistes d'Al Qaïda, se dirigeraient en outre sur Benghazi, épicentre dans l'est du pays de l'insurrection qui menace son pouvoir depuis la mi-février.

Zaouïah, théâtre de violents combats ces 48 dernières heures, est située à 50 km à l'ouest de Tripoli. Aucune confirmation de l'annonce de la télévision libyenne n'a pu être obtenue dans l'immédiat.

Samedi, les insurgés libyens avaient affirmé avoir repoussé à deux reprises les assauts des forces régulières mais se préparaient à de nouvelles tentatives.

Les combats pour le contrôle de cette ville située sur la Méditerranée ont été particulièrement sanglants. Selon un médecin, une trentaine de personnes, essentiellement des civils, ont péri au cours des seuls combats de la matinée, portant à plus de 60 le nombre de victimes ces dernières 48 heures.

Le centre de la ville portait samedi en fin d'après-midi les stigmates de la violence des combats: décombres fumants, immeubles calcinés. Des flaques de sang étaient visibles sur les trottoirs, des douilles de balles d'AK-47 jonchaient le sol. Des habitants ont parlé de massacres.

Misrata, également sur la côte méditerranéenne, se trouve à l'est de la capitale libyenne.

KADHAFI SE PRÉSENTE EN REMPART CONTRE AL QAÏDA

A Tripoli, qui demeure le principal bastion du régime de Mouammar Kadhafi, des coups de feu intenses et nourris ont retenti dimanche avant l'aube dans le centre de la capitale. Ces tirs émanant d'armes automatiques ont éclaté vers 05h45 (03h45 GMT) mais on ignore qui en est à l'origine.

Un porte-parole du gouvernement a démenti que des combats soient en cours et expliqué le fracas par des feux d'artifice. "Je vous assure qu'il n'y a pas de combat dans Tripoli", a martelé quatre fois Moussa Ibrahim.

"Ce que vous entendez, ce sont des feux d'artifice de joie. Les gens sont dans les rues, dansent sur les places", a-t-il poursuivi, ajoutant toutefois: "J'aimerais vous conseiller pour votre propre sécurité de ne pas vous y rendre."

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, Mouammar Kadhafi affirme qu'"en Libye, on a tiré sur personne" et présente la crise en cours dans son pays comme un "combat contre le terrorisme" d'Al Qaïda.

"Je m'étonne vraiment que l'on ne comprenne pas qu'il s'agit ici d'un combat contre le terrorisme (...) Pourquoi lorsque nous sommes dans un combat contre le terrorisme, ici en Libye, on ne vient pas nous aider en retour", déclare-t-il dans cette interview réalisée samedi à Tripoli par les envoyés spéciaux du JDD.

Réaffirmant que les troubles sont fomentés par Oussama ben Laden et les djihadistes d'Al Qaïda, il met en garde contre le risque d'"un Djihad islamique en face de vous, en Méditerranée" et d'une émigration massive vers l'Europe.

"Je veux bien me faire comprendre: si on menace, si on déstabilise, on ira à la confusion, à Ben Laden, à des groupuscules armés. Voilà ce qui va arriver. Vous aurez l'immigration, des milliers de gens qui iront envahir l'Europe depuis la Libye. Et il n'y aura plus personne pour les arrêter", prévient-il.

"Que la France prenne vite la tête de la commission d'enquête, qu'elle bloque la résolution de l'Onu au Conseil de sécurité, et qu'elle fasse arrêter les interventions étrangères dans la région de Benghazi", demande-t-il.

Selon le Sunday Times de Londres, des insurgés libyens auraient par ailleurs capturé une unité des SAS, les forces spéciales britanniques.

Les soldats des SAS, qui seraient au nombre de huit, escortaient un diplomate du Foreign Office en mission dans l'Est, précise le journal qui cite des sources libyennes.

Leur présence aurait déplu à certaines personnalités de l'opposition libyenne, qui redoutent qu'elle soit exploitée par Mouammar Kadhafi pour démontrer que le pays est le théâtre d'une intervention militaire occidentale et en appeler à la fibre patriotique de ses compatriotes.

Avec Michael Georgy à Tripoli, Tom Pfeiffer à Benghazi et Stefano Ambrogi à Londres; Philippe Bas-Raberin, Marc Delteil Henri-Pierre André pour le service français