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Tensions avec la Turquie: l'Otan appelle à une "désescalade"

Lors d'un discours à Istanbul le 12 mars 2017, Recep Tayyip Erdogan menace les Pays-Bas de représailles après l'expulsion de ministres turcs.

Lors d'un discours à Istanbul le 12 mars 2017, Recep Tayyip Erdogan menace les Pays-Bas de représailles après l'expulsion de ministres turcs. - Ozan Kose / AFP

Le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, a appelé lundi la Turquie et les pays européens, tous membres de l'Alliance atlantique, à une "désescalade des tensions" dans un contexte de crise diplomatique.

"J'encourage tous les Alliés à faire preuve de respect mutuel, à être calmes et à avoir une approche mesurée pour contribuer à une désescalade des tensions", a plaidé Jens Stoltenberg, interrogé sur la grave crise diplomatique entre la Turquie d'un côté, l'Allemagne et les Pays-Bas de l'autre. "Le fait d'avoir un débat robuste est au coeur même de nos démocraties", a-t-il estimé, mais "il est important que nous nous concentrions sur tout ce qui nous unit, les défis, les menaces et comment l'Otan s'y adapte, et pas sur ce qui, à l'occasion, nous divise", a-t-il.

"Il est important d'avoir un dialogue et de comprendre que nous nous soutenons les uns les autres. Par exemple, la présence de l'Otan en Turquie est bonne pour la Turquie mais aussi pour l'Europe et le reste de l'Alliance", a insisté le patron de l'Otan, en rappelant que certain pays de l'Alliance avaient notamment envoyé des avions de surveillance Awacs en Turquie. "Nous travaillons avec eux (les Turcs) pour contrer la violence et les troubles en Syrie et en Irak (...) afin de soutenir la coalition globale contre l'EI (le groupe Etat islamique), ceci est dans notre intérêt", a aussi tenu à souligner le chef de l'Otan.

Après le refus des Pays-Bas d'accueillir deux ministres turcs, la Turquie a haussé le ton dimanche. Lors d'un discours à Istanbul, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un comportement rappelant «le nazisme et le fascisme». «Les Pays-Bas auront naturellement à en payer le prix et aussi à apprendre ce qu'est la diplomatie», a asséné le président turc. Ces tensions interviennent à l'approche d'un référendum controversé sur l'augmentation des pouvoirs du président, prévu le 16 avril et pour lequel plusieurs meetings ont été organisés dans plusieurs pays d'Europe, notamment en Allemagne, afin d'encourager les quelque 4,5 millions de membres de la diaspora turque en Europe à voter oui.

Me.R. avec AFP