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Syrie : le vote du parlement n'est « pas tabou » pour Hollande

Un changement constitutionnel n'oblige plus le président à consulter l'Assemblée nationale depuis 2008.

Un changement constitutionnel n'oblige plus le président à consulter l'Assemblée nationale depuis 2008. - -

Alors que l’opposition demande un vote à l’Assemblée nationale sur une possible intervention en Syrie, François Hollande, par l’intermédiaire de son ministre des relations avec le Parlement, répond que le sujet « n’est pas tabou ».

Les députés de l’opposition le réclament à corps et à cris : le Parlement doit voter sur une possible intervention en Syrie. Mais s’il va bien en débattre mercredi, il ne doit pourtant pas se prononcer, malgré l’assistance de la droite et d’une partie de la gauche. Le sujet n’est pourtant pas tabou, révèle le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies.

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« Lui et lui seul doit décider »

« Le Président de la République, qui a le pouvoir, c'est aussi lui et lui seul qui doit décider, éventuellement, s'il peut y avoir le moment venu un vote », affirme le ministre. Interrogé sur le fait de savoir si François Hollande excluait ou non un vote, auquel il n'est pas tenu par la Constitution depuis une réforme de Nicolas Sarkozy en 2008, Alain Vidalies a répondu : « Ce n'est pas un sujet tabou pour François Hollande ». Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale Bruno Le Roux, a abondé dans le même sens. « La Constitution autorise le Président de la République à demander s'il le souhaite un vote », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre Jean Marc Ayrault a annoncé lundi une action « ferme et proportionnée » en Syrie après l'attaque chimique menée, selon Paris et Washington, par le régime de Bachar Al-Assad le 21 août, mais elle entend préalablement réunir une coalition pour agir.

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La France suspendue à la décision américaine

La question d'un vote du parlement français s'est posée après que le président Barack Obama a décidé, à la surprise générale, de demander l'approbation du Congrès pour une intervention américaine en Syrie. Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a assuré que les députés UMP étaient favorables à une intervention dans le cadre des Nations Unies, où la Chine et la Russie s'opposent à toute intervention. Mais il a estimé que le fait de s'affranchir de l'aval des Nations unies serait une décision « extrêmement lourde » de la part de François Hollande. « Si le Président décide seul d'être en rupture complète avec toute l'histoire des affaires étrangères et militaire de France, je demande à ce que son gouvernement engage sa responsabilité devant l'Assemblée nationale », a ajouté le député.
Dans une interview donnée au Figaro et publiée ce mardi, le président syrien Bachar Al-Assad a déclaré que la France deviendrait l'ennemie de la Syrie si elle participait à une intervention contre le régime de Damas.

La rédaction avec Reuters