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Syrie: entrée en vigueur de la trêve humanitaire décrétée par Moscou

Des enfants soignés dans un hôpital de la Ghouta orientale, le 25 février 2018.

Des enfants soignés dans un hôpital de la Ghouta orientale, le 25 février 2018. - HAMZA AL-AJWEH, AFP

La trêve devrait permettre un premier répit pour la population de la Ghouta, après plus d'une semaine de bombardements meurtriers.

Une trêve humanitaire quotidienne de cinq heures annoncée par la Russie est entrée en vigueur ce mardi en Syrie, notamment dans la Ghouta orientale, enclave rebelle assiégée cible depuis neuf jours d'une violente campagne aérienne du régime ayant fait plus de 560 victimes civiles.

Selon un correspondant de l'AFP à Douma, la plus grande ville du fief rebelle situé aux portes de Damas, ainsi que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la nuit a été calme dans l'ensemble, à part quelques tirs d'artillerie ayant résonné juste avant l'entrée en vigueur de la trêve. 

La pause humanitaire est censée être appliquée quotidiennement pendant cinq heures, entre 9 heures et 14 heures locales, selon Moscou, allié du régime syrien. Des "couloirs humanitaires" seront également mis en place pour permettre l'évacuation des civils, a annoncé lundi le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

Une "farce"

L'annonce russe et l'arrêt partiel des bombardements sont intervenus alors que l'ONU et plusieurs puissances occidentales avaient demandé l'application immédiate d'une résolution du Conseil de sécurité, restée jusque-là lettre morte, réclamant une trêve "sans délai" de 30 jours dans toute la Syrie.

Selon des habitants de la Ghouta orientale, dernière poche de résistance au régime de Bachar al-Assad aux portes de la capitale, la décision de Moscou est toutefois de la poudre aux yeux.

"Cette trêve est une farce, la Russie nous tue tous les jours et nous bombarde tous les jours", affirme à l'AFP Samer al-Bouydani, un habitant de Douma. "Je ne peux pas faire confiance à ses auteurs pour quitter (la Ghouta) avec ma famille (à travers les couloirs). Si j'accepte de sortir, (le régime) m'enrôlera immédiatement dans l'armée pour combattre d'autres Syriens".

C.V. avec AFP