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Syrie: «À Homs, c’est un massacre»

Le chirurgien Jacques Bérès témoigne sur RMC de l’horreur vécue par les habitants de Homs et des conditions désastreuses dans lesquelles ils sont soignés.

Le chirurgien Jacques Bérès témoigne sur RMC de l’horreur vécue par les habitants de Homs et des conditions désastreuses dans lesquelles ils sont soignés. - -

Le chirurgien Jacques Bérès, co-fondateur de Médecins Sans Frontières, vient de passer 15 jours dans la ville syrienne de Homs à soigner les blessés. Alors que la répression du régime s’intensifie sur la ville, il témoigne sur RMC des souffrances endurées par la population.

Bombardée par l’armée syrienne depuis presque un mois et maintenant investie par les chars, la ville de Homs est plus que jamais dans une situation humanitaire et sanitaire catastrophique. Jacques Bérès, chirurgien et co-fondateur de Médecins Sans Frontières vient de passer 15 jours à Homs à soigner les blessés dans un hôpital clandestin de la ville. Il témoigne sur RMC de l’horreur vécue par les habitants et des conditions désastreuses dans lesquelles ils sont soignés.

«On opère jour et nuit sur une table, comme on peut»

« La majorité des gens n’ont plus confiance dans les hôpitaux officiels gouvernementaux parce qu’ils risquent des enlèvements, des amputations abusives, ou tout simplement d’être achevés. C’est pourquoi il faut qu’il y ait des hôpitaux clandestins pour soigner les habitants. On ne peut d’ailleurs même plus parler d’hôpitaux de fortune. Il s’agit la plupart du temps d’une maison privée qui a été transformée de façon improvisée en structure de soins. On opère jour et nuit sur une table, comme on peut ».

«Un symbole pour dissuader les autres villes de prendre le chemin de la rébellion»

« On est dans une telle situation qu’on est obligé de faire avec le peu qu’on a. Il n’y a pas de vrai stérilisation, pas de quoi se laver les mains. On se met de l’alcool sur les mains, on enfile des gants et on opère. Ce n’est pas l’idéal ! »
Selon Jacques Bérès, le régime syrien de Bachar al-Assad veut faire de Homs « un symbole pour servir d’exemple et dissuader les autres villes de vouloir prendre le chemin de la rébellion. (…) A Homs, c’est un massacre de population. C’est épouvantable !».

La Rédaction