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Silvio Berlusconi subit un revers aux élections locales

Silvio Berlusconi dans un bureau de vote à Milan. Le chef du gouvernement italien se dit "surpris et peiné" par les résultats du premier tour des élections locales italiennes, marqué par un net recul du centre droit qui a été notamment devancé à Milan, fi

Silvio Berlusconi dans un bureau de vote à Milan. Le chef du gouvernement italien se dit "surpris et peiné" par les résultats du premier tour des élections locales italiennes, marqué par un net recul du centre droit qui a été notamment devancé à Milan, fi - -

par Silvia Aloisi ROME (Reuters) - Silvio Berlusconi est "surpris et peiné" par les résultats du premier tour des élections locales italiennes,...

par Silvia Aloisi

ROME (Reuters) - Silvio Berlusconi est "surpris et peiné" par les résultats du premier tour des élections locales italiennes, marqué par un net recul du centre droit qui a été notamment devancé à Milan, fief du "Cavaliere" et première place financière du pays.

De toute évidence, le chef du gouvernement a pâti d'une baisse de popularité liée au scandale sexuel du "Rubygate", à trois procès pour corruption et à une économie en berne.

A l'issue du vote des 15 et 16 mai dans la capitale lombarde, Letizia Moratti, qui brigue sa propre succession à la mairie avec l'ardent soutien du président du Conseil, a obtenu 41,6% des voix et se retrouve largement devancée par son rival du centre gauche, Giuliano Pisapia, qui a recueilli 48% des suffrages.

Pour la première fois depuis 1993, la gauche a une chance de l'emporter à l'issue du second tour des 29 et 30 mai dans la métropole milanaise, où Berlusconi a bâti son empire économique et qui lui a servi de tremplin politique.

"Milan tourne le dos à Berlusconi", "Surprise pour Berlusconi à Milan" - les titres des journaux mardi soulignent le revers subi par le chef du gouvernement.

"HUMILIATION"

"Le ballottage à Milan est moins une humiliation pour le maire sortant que pour Silvio Berlusconi (...) qui prend une claque tant politique et personnelle", écrit Massimo Franco dans le quotidien Corriere Della Sera.

"Il (Berlusconi) est peiné, surpris ... Il ne s'attendait pas à un tel résultat", ont déclaré des conseillers du chef du gouvernement à l'agence de presse Ansa. Berlusconi devrait s'adresser à la presse dans la journée pour commenter les résultats de ce premier tour.

Le score de son principal allié politique, la Ligue du Nord, dans son bastion traditionnel semble lui aussi en-deçà des attentes, ce qui devrait compliquer les rapports déjà tendus entre le mouvement populiste et le Peuple de la liberté (Pdl) de Berlusconi.

L'ancien secrétaire général des Démocrates de gauche Piero Fassino s'est imposé dès le premier tour à Turin, en Piémont, et le centre gauche l'a aussi emporté d'entrée à Bologne, l'un de ses fiefs traditionnels.

A Naples, le centre droit arrive en tête mais devra affronter un second tour dans deux semaines.

"Dans le Nord, pour le Pdl et la Ligue, le vent a tourné", a déclaré Pierluigi Bersani, numéro un du Parti démocrate, la principale formation de l'opposition.

Milan, Turin, Bologne et Naples constituaient les principaux enjeux des consultations organisées dans 1.310 municipalités et onze provinces, un test grandeur nature pour le "Cavaliere" à mi-mandat. Le taux de participation (71%) a été légèrement inférieur aux élections antérieures.

Silvio Berlusconi est cité dans quatre procédures pour corruption, évasion fiscale, relations sexuelles avec une prostituée mineure et abus de pouvoir pour couvrir le scandale.

Il doit également affronter les critiques concernant sa politique économique alors que la croissance italienne reste atone.

Des chiffres publiés vendredi font état d'une croissance de 0,1% au premier trimestre, très loin par exemple du 1,5% de croissance affiché par l'Allemagne.

Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français