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Scandales et polémique assombrissent les cérémonies de Pâques

Le pape Benoît XVI a dirigé samedi soir une veillée pascale assombrie par les scandales de pédophilie qui éclaboussent l'Eglise catholique et un début de polémique avec la communauté juive. /Photo prise le 3 avril 2010/REUTERS/Max Rossi

Le pape Benoît XVI a dirigé samedi soir une veillée pascale assombrie par les scandales de pédophilie qui éclaboussent l'Eglise catholique et un début de polémique avec la communauté juive. /Photo prise le 3 avril 2010/REUTERS/Max Rossi - -

par Philip Pullella, CITE DU VATICAN - Le pape Benoît XVI a dirigé samedi soir une veillée pascale assombrie par les scandales de pédophilie qui...

par Philip Pullella

CITE DU VATICAN (Reuters) - Benoît XVI est resté muet dimanche sur les cas d'abus sexuels au sein de l'Eglise catholique lors de sa traditionnelle bénédiction urbi et orbi à l'occasion de Pâques, mais, fait rarissime, le doyen du collège des cardinaux avait pris auparavant sa défense publiquement.

"Saint Père, le peuple de Dieu est avec vous et ne se laissera pas détourner de sa voie par les ragots sans importance du moment, par les épreuves qui frappent parfois la communauté des fidèles", a déclaré Mgr Angelo Sodano en s'adressant au souverain pontife.

Ancien secrétaire d'Etat et proche collaborateur de Jean Paul II, Mgr Sodano a salué en Benoît XVI un roc inébranlable sur lequel l'Eglise s'appuie fermement. "L'Eglise est avec vous", a-t-il dit au pape, sous les acclamations des milliers de fidèles massés sur la place Saint-Pierre.

C'est, a priori, la première fois dans l'histoire récente que le rituel presque immuable de la messe de Pâques est modifié de façon à permettre à quelqu'un de s'adresser au pape. Cette entorse au protocole dénote à quel point le Vatican est sur la défensive devant les accusations dont il fait l'objet depuis plusieurs semaines.

L'air las et fatigué, Benoît XVI n'a fait aucune allusion lors de sa bénédiction pascale à la vague de scandales qui déferlent sur l'Eglise, accusée de dissimulations, et semblent viser le pape lui-même, qui était cardinal en Allemagne au moment où des cas d'abus sexuels ont eu lieu dans ce pays.

"CAMPAGNE DE DÉNIGREMENT"?

Dans son intervention, Mgr Sodano a mentionné les 400.000 prêtres "exercent généreusement leur ministère" dans les écoles, hôpitaux et missions à travers le monde, sous-entendant par là que seule une minorité d'ecclésiastiques se sont rendus coupables d'actes pédophiles sur de jeunes enfants.

"Les victimes sont en quête de consolation et de guérison. Elles ne doivent pas être insultées. Notre parole ne doit pas être présentée comme des ragots sans importance", a réagi Barbara Blaine, représentante du Réseau des survivants des abus des prêtres (SNAP), une organisation américaine.

"Le pape a dit que la vérité devait être exposée au grand jour. Ils ne peuvent pas y échapper", a-t-elle déclaré à Reuters.

Ebranlé par la cascade de révélations sur les cas d'abus sexuels que ce soit en Allemagne, en Irlande ou aux Etats-Unis, le Vatican s'en prend à la "campagne de dénigrement" des médias, une nouvelle fois épinglée samedi par son organe de presse, l'Osservatore Romano.

Ajoutant à l'embarras du pape, le prédicateur franciscain Raniero Cantalamessa a comparé lors de la cérémonie du vendredi saint les attaques contre l'Eglise à la violence collective contre les Juifs, et ce, en présence de Benoît XVI.

Devant la levée de boucliers, notamment de la part des organisations juives, le père Cantalamessa a dû présenter dimanche des excuses aux Juifs et aux victimes des prêtres pédophiles, assurant que le souverain pontife n'avait nullement inspiré ses propos.

Philip Pullella, Marc Delteil, pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse