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Russie: un professeur pousse ses élèves à la délation pour leur enseigner le totalitarisme

Un portrait de Joseph Staline déployé dans une rue de Londres, le 1er mai 2015.

Un portrait de Joseph Staline déployé dans une rue de Londres, le 1er mai 2015. - Niklas Halle'n - AFP

En Russie, un professeur d'histoire a voulu montrer à ses élèves comment vivaient leurs aïeux sous l'ère soviétique, avec un devoir un peu spécial: dénoncer leurs proches.

Alexander Fokin, professeur d'histoire à Chelyabinsk, en Russie, a décidé de tester une nouvelle méthode d'apprentissage par l'exemple, rapporte le site Quartz.

Après leur avoir lu plusieurs exemples d'authentiques lettres de dénonciation datant de l'ère stalinienne, le professeur a demandé à ses élèves de les reproduire en dénonçant l'un de leurs parents. 

Sur 16 lycéens, un seul refus et un petit malin

Une expérience qui a porté ses fruits puisque sur ses 16 élèves, un seul a refusé de se prêter à l'exercice. Les autres ont docilement accusé leurs proches de tous les maux. Ils ont choisi des accusations telles que: "Il possède beaucoup de livres allemands, c'est sûrement un espion". Un petit plaisantin a quant à lui décidé de retourner l'expérience en accusant... son professeur, Alexander Fokin. Il l'a dénoncé pour "anti-soviétisme". 

Une expérience qui ne fait pas rire en Russie

Le professeur a décidé de raconter son expérience sur Twitter, en citant les meilleures lettres de dénonciations reçues. Or, son initiative n'a pas du tout fait rire les internautes russes, qui l'accusent d'avoir "moqué l'histoire russe", ou de mettre en danger les enfants.

Cette histoire n'est pas sans rappeler celle de Ron Jones, professeur d'histoire américain, qui n'arrivait pas à expliquer à ses élèves comment des millions de personnes s'étaient laissées enrôler par l'idéologie du 3e Reich. Il avait alors mené une expérience inédite en recréant, dans sa classe, un régime totalitaire fondé sur une idéologie, un salut, une devise et un uniforme. Jeu auquel tous ses élèves, ou presque, s'étaient laissés prendre. Cette expérience avait inspiré un livre, puis un film, La Vague, en référence au signe de ralliement de ce mouvement totalitaire éphémère.

Paul Aveline