BFMTV

Retour en Iran du scientifique Majid Tahéri libéré par Washington

Le scientifique iranien Majid Tahéri (G), libéré après 16 mois de détention aux Etats-Unis, est accueilli à son arrivée le 8 juin 2020 à l'aéroport de Téhéran par son épouse et un responsable du ministère des Affaires étrangères

Le scientifique iranien Majid Tahéri (G), libéré après 16 mois de détention aux Etats-Unis, est accueilli à son arrivée le 8 juin 2020 à l'aéroport de Téhéran par son épouse et un responsable du ministère des Affaires étrangères - MAJID ASGARIPOUR, MEHR NEWS/AFP

Le scientifique iranien Majid Tahéri est retourné lundi à Téhéran après sa libération d'une prison aux Etats-Unis dans le cadre d'un échange de détenus avec la République islamique qui espère voir cette opération se reproduire entre les deux pays ennemis.

Majid Tahéri - un Irano-Américain qui travaillait à la clinique de Tampa, en Floride - était détenu aux États-Unis depuis 16 mois.

Le scientifique a été libéré jeudi, alors que Téhéran a relâché de son côté Michael White, un ex-militaire de la marine américaine détenu en République islamique depuis son arrestation en juillet 2018.

À son arrivée à l'aéroport international Imam Khomeini de Téhéran, M. Tahéri a été accueilli par Hossein Jabéri Ansari, le vice-ministre des Affaires étrangères.

Les médias iraniens ont publié des photos des deux hommes s'adressant aux journalistes.

"J'espère voir la libération (d'autres Iraniens emprisonnés à l'étranger) dans un proche avenir", a déclaré M. Ansari, cité par l'agence semi-officielle Isna, ajoutant que son ministère ferait de son mieux pour y parvenir.

Il a déclaré que le scientifique avait été libéré après des mois d'efforts du ministère en coordination avec la Suisse, qui représente les intérêts des Etats-Unis en Iran en l'absence de relations diplomatiques entre les Washington et Téhéran depuis 1980.

M. Tahéri, qui s'est présenté comme "médecin iranien accusé d'avoir contourné les sanctions américaines", a pour sa part remercié le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

"Je remercie le gouvernement de la République islamique d'Iran, de chers responsables dont M. Zarif qui a travaillé dur, et d'autres responsables qui ont mis des mois pour assurer ma libération", a-t-il déclaré aux journalistes iraniens.

M. Tahéri a été le deuxième scientifique à être rentré des Etats-Unis en Iran au cours de la semaine écoulée, après le retour de Cyrous Asgari mercredi.

Il avait été accusé d'avoir violé les sanctions américaines en envoyant un article technique en Iran et, en décembre il a plaidé coupable d'avoir enfreint les obligations de déclaration financière en déposant 277.344 dollars dans une banque, se présentant à plusieurs reprises avec de l'argent liquide, selon des documents judiciaires.

-"Injustes et fausses"-

Lundi, le scientifique a rejeté les accusations contre lui les qualifiant d'"injustes et fausses", selon l'agence Fars.

"J'aidais l'Université de Téhéran à développer un vaccin contre le cancer, en particulier pour les femmes", a-t-il assuré.

L’Iran a offert à plusieurs reprises un échange global croisé de prisonniers avec les Etats-Unis.

Les relations déjà très tendues entre les deux pays traversent une phase glaciale depuis le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien, conclu trois ans plus tôt, et la réimposition de sanctions punitives contre Téhéran.

Le président américain, Donald Trump, juge insuffisantes les garanties négociées en 2015 sur le programme nucléaire iranien et mène une campagne de "pression maximale" contre la République islamique.

Après la libération de Michael White, M. Trump a néanmoins exprimé son espoir de progrès avec l'Iran.

"Merci à l'Iran, cela montre qu'un accord est possible !", avait écrit jeudi le président américain sur son compte Twitter.

Trois autres citoyens américains sont emprisonnés en Iran, tous d'origine iranienne. Téhéran ne reconnait pas la double nationalité et les considère comme ses propres citoyens.

Ahmad PARHIZI, Téhéran (AFP), © 2020 AFP