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Réactions favorables aux propos du pape sur le préservatif

Catholiques libéraux et militants de la lutte contre le sida ont accueilli favorablement dimanche des propos par lesquels Benoît XVI estime que l'usage du préservatif peut se justifier dans certains cas pour empêcher la transmission du sida. /Photo prise

Catholiques libéraux et militants de la lutte contre le sida ont accueilli favorablement dimanche des propos par lesquels Benoît XVI estime que l'usage du préservatif peut se justifier dans certains cas pour empêcher la transmission du sida. /Photo prise - -

Catholiques libéraux et militants de la lutte contre le sida ont accueilli favorablement dimanche des propos par lesquels Benoît XVI estime que l'usage du préservatif peut se justifier dans certains cas pour empêcher la transmission du sida.

Catholiques libéraux et militants de la lutte contre le sida ont accueilli favorablement dimanche des propos par lesquels Benoît XVI estime que l'usage du préservatif peut se justifier dans certains cas pour empêcher la transmission du sida.

« C'est une merveilleuse victoire du bon sens et de la raison, un grand pas vers la reconnaissance du rôle vital que peut jouer le préservatif dans la réduction de l'impact futur de la pandémie de sida », a déclaré Jon O'Brien, président de l'organisme américain Catholics for Choice.

Les commentaires du pape, extraits d'un livre d'entretiens à paraître mardi - « Lumière du monde - le pape, l'Eglise et les signes des temps » -, sont d'une portée concrète limitée et ne modifient pas la condamnation de la contraception par l'Eglise. Mais ils n'en sont pas moins salués comme une percée.

« C'est un pas en avant significatif et positif du Vatican », selon Michel Disibé, directeur exécutif de l'Onusida. « Cette initiative reconnaît qu'un comportement sexuel responsable et l'usage de préservatifs jouent des rôles importants dans la prévention du VIH ».

UNE BRÈCHE DANS LA POLITIQUE VATICANE ?

Dans le livre, Benoît XVI indique aussi qu'il serait prêt à démissionner pour des raisons de santé et prend la défense de Pie XII, qui fut pape durant la Seconde Guerre mondiale et que certains accusent d'avoir fermé les yeux sur l'Holocauste.

Il confie que les scandales liés aux actes de pédophilie commis par des prêtres ont constitué « un choc sans précédent », bien qu'il ait suivi ce dossier pendant des années. A ce sujet, il dit comprendre que certains puissent quitter l'Eglise en signe de protestation.

Mais, dans le long entretien du pape avec le journaliste catholique allemand Peter Seewald, c'est la partie relative aux préservatifs qui ouvre une brèche dans une politique vaticane naguère encore inflexible.

Il évoque l'usage du préservatif par des prostitués comme « un premier pas vers la moralisation », tout en notant que les préservatifs ne sont « pas vraiment la façon de venir à bout du mal de l'infection par le VIH ».

Des dignitaires catholiques ont déjà présenté comme un moindre mal un usage limité des préservatifs pour enrayer la progression du sida, mais c'est la première fois que le pape mentionne publiquement cette possibilité.

« Nous n'avons jamais entendu cela aussi clairement dans la bouche d'un pape », a déclaré le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, en soulignant toutefois qu'on aurait tort d'y voir une déclaration révolutionnaire.

BANALISATION DE LA SEXUALITÉ

Le pape fait clairement comprendre que ses propos n'ont pas pour objet d'affaiblir l'opposition fondamentale de l'Eglise à la contraception, sujet de plainte de nombreux catholiques.

L'an dernier, Benoît XVI avait suscité un tollé en déclarant aux journalistes qui l'accompagnaient en Afrique que les préservatifs ne devaient pas être utilisés parce qu'ils risquaient d'aggraver la propagation du sida.

Il dit aujourd'hui que le fait de se polariser sur le préservatif « implique une banalisation de la sexualité » où celle-ci n'est plus une expression d'amour « mais seulement une sorte de drogue que les personnes s'administrent ».

Act Up-Paris, groupe de soutien à la lutte contre le sida, a réagi en ces termes : « Après avoir dit que le préservatif aggravait l'épidémie de sida, après s'être mêlé de questions sur lesquelles il n'a aucune expertise, le pape semble enfin prendre en compte le principe de réalité ».

Pour Gérard Guérin, secrétaire général de l'association oecuménique Chrétiens et sida, le pape ne va pas assez loin. « Ses propos sont alambiqués. Ne citer que 'les hommes prostitués', c'est limité. Que fait-il, par exemple, des couples sérodifférents, (...) lorsque l'un est atteint du virus et l'autre pas ? ».