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Quinze morts dans des violences en Syrie, selon l'opposition

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par Erika Solomon et Douglas Hamilton BEYROUTH (Reuters) - Des affrontements entre forces de sécurité et déserteurs de l'armée syrienne ont fait...

par Erika Solomon et Douglas Hamilton

BEYROUTH (Reuters) - Des affrontements entre forces de sécurité et déserteurs de l'armée syrienne ont fait quinze morts, dont trois civils, dans la nuit de vendredi à samedi dans le nord de la Syrie, ont rapporté des militants de l'opposition.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a précisé que les combats avaient éclaté vers minuit dans la ville d'Idlib, près de la frontière turque.

"Il y a sept morts du côté des forces de sécurité et de l'armée gouvernementale, dont un officier. Trois civils et cinq déserteurs ont également été tués", a ajouté l'organisation dont le siège est en Grande-Bretagne.

En outre, la violence a gagné samedi la ville de Homs, dans le centre, ainsi que la province méridionale de Deraa, rapporte un groupe de défense des droits de l'homme.

A Homs, foyer de la révolte armée contre la répression militaire, deux hommes ont été tués par balles, l'un des deux par un tueur embusqué, selon la même source.

Les forces de sécurité mènent également des raids dans la province rurale de Deraa, berceau de l'insurrection contre le régime des Assad. D'après la même source, un civil a péri et cinq ont été blessés lors d'incursions des militaires dans la ville de Tafas.

Plus de 4.000 personnes ont trouvé la mort depuis le début des manifestations contre le président Bachar al Assad en mars, selon les Nations unies. En outre, plus de 14.000 personnes auraient été arrêtées par les forces du régime syrien.

De leur côté, les autorités syriennes disent lutter contre des "groupes terroristes" qui seraient responsables de la mort de 1.100 soldats et policiers.

Les autorités ont expulsé la plupart des journalistes indépendants depuis le début des troubles en mars, ce qui rend difficile de vérifier les événements sur le terrain.

COULOIRS HUMANITAIRES ?

Le responsable du principal groupe d'opposition, le Conseil national syrien (CNS), tente de solliciter une intervention internationale contre Damas et essaye de convaincre Moscou.

Vendredi, la Russie et de la Chine, pays qui ont des intérêts pétroliers en Syrie, ont mis en garde contre toute ingérence étrangère dans les affaires de la Syrie au nom des droits de l'homme. Ces deux pays ont opposé en octobre leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu condamnant la répression exercée par le régime syrien.

"Nous avons demandé de mettre plus de pression sur la Russie et la Chine et de mettre en place toute mesure pouvant protéger les civils. C'est pourquoi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a appelé à la mise en place de couloirs humanitaires", a déclaré Burhan Ghalioun au Wall Street Journal lors d'une interview réalisée en France.

"Notre principal objectif est de trouver des moyens de protéger les civils et d'arrêter les tueries. Si un couloir humanitaire permet d'arriver à cela, alors c'est important", a jugé le président du CNS.

La mise en place d'une zone d'exclusion aérienne est également envisagée par l'opposition au régime de Bachar al Assad.

"Nous allons rencontrer le ministre turc des Affaires étrangères qui souhaite s'entretenir avec les Européens de ce qui pourrait constituer une zone d'exclusion aérienne", poursuit Ghalioun.

Le chef de file du CNS est également revenu sur les liens étroits entretenus par Damas avec la République islamique d'Iran, proclamée en 1978.

"Les liens actuels entre la Syrie et l'Iran sont anormaux", a-t-il dit. "La Syrie se trouve au centre de l'Orient arabe. Il ne peut pas se permettre de ne pas avoir de relations avec la Péninsule arabique, les pays du Golfe, l'Egypte et les autres", ajoute-t-il.

Par ailleurs, il a indiqué que Bachar al Assad avait reçu des propositions pour partir en exil. "Assad a reçu plusieurs offres d'asile (politique). La Ligue arabe et la Turquie ont offert leur aide pour lui trouver un lieu de refuge sûr", dit-il. "C'est clair qu'il veut rester", concède-t-il toutefois.

Vendredi, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies (CDH) a appelé les "principales organisations" onusiennes "à prendre les mesures appropriées" pour mettre fin aux crimes contre l'humanité commis en Syrie et dénoncés dans un récent rapport.

Par 37 voix pour, quatre contre -dont la Chine et la Russie- et six abstentions, le CDH condamne "les violences flagrantes et systématiques" commises par les forces de sécurité syriennes comparables à des crimes contre l'humanité.

Guy Kerivel et Benjamin Massot pour le service français