BFMTV

Quand le directeur du FBI demandait au ministre de la Justice de le protéger de l'ingérence de Trump

James Comey, ex-directeur du FBI.

James Comey, ex-directeur du FBI. - JIM WATSON / AFP

James Comey était le directeur du FBI jusqu'au 9 mai dernier, date à laquelle il a été viré par Donald Trump. S'il doit être entendu par le Sénat ce jeudi, la presse américaine relate déjà les remous de ses relations avec le président.

James Comey, ancien directeur du FBI depuis son limogeage-surprise par la Maison blanche le 9 mai dernier sur fond d'enquête sur de possibles liens entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie, doit prendre la parole devant le Sénat ce jeudi. En effet, il devra témoigner devant le Comité sénatorial sur le renseignement. Il sera notamment question de l'enquête qu'il conduisait avant d'en être écarté, des relations entretenues avec le président des Etats-Unis, et sur la demande que lui aurait formulée ce dernier de cesser de mener des investigations sur Michael Flynn, l'ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump.

Et, comme l'a révélé ce mardi le New York Times, ces deux derniers sujets ont largement empoisonné les derniers mois de James Comey à la tête du célèbre "Bureau"... au point d'avoir demandé la protection de l'"attorney general" (équivalent de notre ministre de la Justice), Jeff Sessions, face aux menées envahissantes de Donald Trump selon lui. 

Les reproches faits à Comey

C'est en février, au lendemain d'une discussion où le président lui aurait demandé de mettre un terme à l'enquête sur Michael Flynn, soupçonné d'en avoir trop dit à l'ambassadeur russe durant la campagne présidentielle américaine, que James Comey s'est ouvert de ses tourments à Jeff Sessions. A l'issue d'une réunion, celui qui était alors directeur du FBI a pris à part le ministre. Il lui a alors dit que le département de la Justice devait garantir le FBI contre d'éventuelles tentatives d'ingérence de la Maison blanche.

Par ailleurs, il lui a confié qu'il estimait que les contacts directs entre un président des Etats-Unis et le directeur du FBI étaient inconvenants. Il est en effet de coutume que la présidence et le FBI limitent leurs relations à des rendez-vous formels. James Comey avait même recommandé à Donald Trump de faire transiter ses demandes au FBI par le ministère de la Justice. Jeff Sessions, quant à lui, lui a alors rétorqué qu'il ne pouvait pas rien garantir à ce sujet. 

Mais si James Comey a abordé ces problèmes avec Jeff Sessions, il s'est gardé de lui dire que sa requête faisait suite au souhait émis par Donald Trump de voir le FBI ne pas aller plus loin ans l'affaire Flynn. Ce mutisme lui est d'ailleurs plus largement reproché. Parmi les questions soulevées aux Etats-Unis autour du limogeage de James Comey, l'une d'entre elles consiste à le blâmer pour ne pas avoir évoqué clairement les tentatives d'ingérence qu'il a prêtées à Donald Trump, en temps et en heure. cette critique en prolonge une autre: celle portant sur sa défiance supposée à l'égard du département de la Justice. En-dehors de cette discussion avec Jeff Sessions, son isolement vis-à-vis de cette institution du gouvernement américain a en effet été pointé. L'ancienne administration l'avait ainsi accusé de ne pas l'avoir avertie suffisamment dans son traitement de l'enquête sur les e-mails d'Hillary Clinton. 

Une audition d'autant plus attendue

Enfin, des chefs du renseignement américain ont assuré ce mercredi devant le Sénat que le pouvoir n'avait jamais fait pression sur eux. Andrew McCabe, qui assumé l'intérim à la direction du "Bureau" après le départ de James Comey et avant la prochaine arrivée de Christopher Wray, avait précédemment affirmé: "Il n'y a eu aucune tentative d'entraver les investigations". L'audition de James Comey au Sénat n'en est que plus attendue. 

Robin Verner