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Primaire: dans le New Hampshire, les démocrates veulent faire oublier le fiasco de l'Iowa 

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Ce mardi se tient la primaire du New Hampshire, seconde étape dans le processus de désignation du candidat démocrate face à Donald Trump lors de la prochaine présidentielle. Les enjeux sont lourds: le Parti démocrate doit relever la tête après le fiasco du caucus de l'Iowa et les candidats se démarquer pour créer leur dynamique.

Pour les démocrates, il s'agit de lancer la course après le faux-départ de la semaine dernière. Ce mardi, se tient la primaire du New Hampshire, seconde étape dans le processus visant à désigner le candidat qui aura à charge de battre Donald Trump et d'assurer l'alternance à la Maison Blanche. Ce rendez-vous prend place une semaine après le long et embarrassant fiasco de l'Iowa lors duquel la défaillance d'une application censée faire remonter les résultats des bureaux de vote avait au contraire provoqué un effroyable retard, laissant finalement une vaste incertitude quant au classement final des candidats. 

La clarté pour horizon 

Pete Buttigieg, nouveau héros du centre-gauche, est tenu pour le vainqueur in extremis face à Bernie Sanders, figure de l'aile gauche. Ce dernier a cependant revendiqué la victoire en fin de semaine dernière. La chose paraît peu claire? C'est normal, elle l'est. Et aux moqueries de Donald Trump répond depuis une semaine la consternation dans les rangs démocrates. La primaire du New Hampshire doit donc d'abord rétablir une forme de clarté et aider la formation politique à tourner la page de l'Iowa. 

S'il est encore trop tôt pour dire si la mission sera remplie, force est de constater qu'une différence majeure sépare d'emblée les procédures ayant cours dans les deux Etats. Là où l'Iowa, qui a si tristement ouvert le bal, pratique le caucus, c'est-à-dire un événement financé par le parti lors duquel des citoyens officiellement affiliés au parti se rassemblent pour élire des délégués qui devront ensuite choisir leurs représentants à la Convention de l'Etat, le New Hampshire propose la première primaire du marathon obligé des candidats. La primaire, qui peut être fermée (seuls les sympathisants du parti peuvent alors voter), ouverte, ou une combinaison des deux, est organisée par l'Etat grâce à l'argent public. Les participants élisent alors directement les délégués portant les couleurs de leur champion. 

Les démocrates doivent dégager un vainqueur 

Politiquement, tout reste à faire. Car, non seulement l'Iowa a engendré un curieux binôme de vainqueurs, mais elle a en plus interdit la naissance de toute dynamique, tandis que Donald Trump n'a jamais semblé en si bonne posture depuis son investiture. Sur Twitter, la politologue spécialiste des Etats-Unis, Célia Belin, a ainsi analysé: "Les Caucus de l’Iowa n’ont apporté que peu de clarification. Buttigieg et Sanders sont devenus 'co-vainqueurs', Joe Biden a perdu du terrain, mais la confusion des résultats n’a pas donné de boost ou de coup fatal". 

Sanders domine les sondages 

Gagnants et perdants de l'Iowa sont cependant bien identifiés au moment de remettre le couvert dans le New Hampshire: Pete Buttigieg, ancien maire de South Bend, 100.000 habitants, dans l'Indiana, a créé une relative surprise par l'ampleur de son score tandis que Bernie Sanders a prouvé sa bonne forme électorale. Elizabeth Warren a connu une déception tandis que Joe Biden s'est lui nettement pris les pieds dans le tapis. Les uns ont par conséquent à cœur de confirmer tandis que les autres doivent redresser la barre... alors qu'une cinquième personnalité, la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar pointe le bout de son nez, ayant réussi à lever plus de deux millions de dollars après sa bonne performance lors d'un débat vendredi soir dernier. 

Pour le moment cependant, sa percée reste modérée dans les études d'opinion où Bernie Sanders, sénateur de l'Etat du Vermont contigu à celui du New Hampshire, domine. Dans les trois derniers sondages relayés ce lundi sur le site RealClearPolitics, il tient en effet, et largement, ses rivaux à distance. Dans l'enquête conduite pour le Boston Globe, il est jaugé à 27%, devant Pete Buttigieg et ses 19%, Amy Klobuchar à 14%, Elizabeth Warren et Joe Biden, fixés à 12%. 

L'étude opérée pour l'Emerson College rend un verdict similaire: Bernie Sanders à 30 points, Pete Buttigieg à 23, Amy Klobuchar à 14, devant Elizabeth Warren à 11 et Joe Biden à dix points. Enfin, le sondage publié par l'Université du Massachusetts place Bernie Sanders à 25 points, à huit encablures de Pete Buttigieg, avec Elizabeth Warren flashée à 15 points, l'ancien vice-président des Etats-Unis à 14 points et Amy Klobuchar rivée à huit points. 

Robin Verner