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Philippines : la guerre meurtrière du nouveau président contre la drogue

Le président philippin Rodrigo Duterte, inspecte ses troupes militaires au lendemain de son investiture.

Le président philippin Rodrigo Duterte, inspecte ses troupes militaires au lendemain de son investiture. - NOEL CELIS / AFP

Il l'avait promis pendant sa campagne: le président philippin veut la peau des dealers de drogue qui ravagent son pays. Le passage à l'acte ne s'est pas fait attendre. Aujourd'hui, aux Philippines, les barons de la drogue sont abattus en pleine rue, sans procès.

Des hommes abattus en pleine rue et des cadavres mutilés retrouvés dans des terrains vagues. Un mois après l'investiture du président philippin Rodrigo Duterte, la terreur grandit dans les bidonvilles philippins à mesure que le bilan s'alourdit. En tout, 603 personnes ont été tuées. 

Pendant sa campagne, le futur président avait été clair: en six mois, il allait en finir avec le trafic de drogue et la criminalité qui rongent son archipel, en tuant si nécessaire des milliers de criminels. 

Depuis l'investiture du président le 30 juin, des centaines de personnes sont déjà tombées sous les balles de la police ou de civils jouant les justiciers avec la bénédiction du président. Ainsi, 402 personnes soupçonnées de trafic de drogue ont été tuées par la police du pays. Les raids policiers ont lieu la nuit et les policiers affirment ne tirer que lorsque les suspects étaient armés et s'opposaient à leur arrestation.

Des victimes stigmatisées 

Quand ce sont les civils qui font la police, certaines victimes sont abattues en pleine nuit, tandis que les corps sont découverts au petit matin dans des terrains vagues. Les visages des soupçonnés trafiquants sont recouverts de gros scotch, et à leur proximité un écriteau les accusant de s'adonner au trafic de drogue. 

Cette recrudescence de violence dans le pays a cependant une retombée positive: presque 600.000 petits trafiquants ou jeunes consommateurs se sont rendus aux autorités locales pour promettre de rentrer dans le droit chemin.

la rédaction, avec AFP