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Pénurie alimentaire au Venezuela: violents heurts entre la police et des manifestants

Des altercations ont eu lieu ce mercredi entre des opposants au régime de Nicolás Maduro et les forces de l’ordre. Voilà plus d’un an que la population se trouve dans une situation dramatique à cause de la baisse du prix du baril de pétrole.

De violents heurts ont éclaté mercredi dans les rues de Caracas, au Venezuela, entre des opposants au président Nicolás Maduro et les forces de l’ordre, devant le ministère de l'Alimentation. Les manifestations de ce type se succèdent depuis plus d’un an et rassemblent quelquefois près d’un million de personnes.

La baisse du prix du baril de pétrole, qui représente dans ce pays d'Amérique Latine 96% des exportations, et l’inflation, qui devrait atteindre 1.660 % en 2017, ont des conséquences dramatiques sur la population. Le pays est au bord de la faillite. Faute de dollars pour importer, le gouvernement a imposé des restrictions sur la nourriture et les rayons des magasins sont le plus souvent vides, des fournitures médicales de base jusqu'à l’eau, que certains se retrouvent obligés de voler dans les réserves locales. Des femmes se sont même mises à vendre leurs cheveux pour pouvoir acheter des aliments et des médicaments.

Un Etat en faillite

Une situation intenable et surtout impensable pour un pays qui était il y a quelques années encore le plus riche d’Amérique Latine. Car la crise dépasse largement celle de la chute du prix du baril de pétrole. C’est tout l’État qui est en faillite. "Le modèle socio-économique et politique mis en place par Hugo Chávez s’effondre. Cette crise est la conséquence de quinze ans de politiques socio-économiques extrêmement dures qui ont aujourd’hui de lourdes conséquences", expliquaient en octobre dernier Paula Vasquez, chargée de recherche au CNRS et spécialiste du Venezuela à France Info.

"Il y a eu énormément de gaspillage", déclarait Philippe Moreau-Defarges, chercheur à l’Ifri (Institut français des relations internationales) à BFMTV en juin dernier. "Ce pays n’a jamais été bien géré et il y a un évident problème de corruption". Selon l’ONG Transparency, le pays occupe ainsi la 158e place (sur 168), au classement des nations corrompues.

Les opposants au successeur de Chávez continuent de souhaiter l’organisation d’un référendum révocatoire pour le destituer.

Boris Courret