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Pékin censurera Internet pendant les JO

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La Chine a annoncé qu’elle comptait limiter l’accès à Internet des journalistes présents en Chine durant les Jeux olympiques.

Les autorités chinoises avaient initialement prévu de fournir un accès libre à Internet aux médias du monde entier venus couvrir les JO. Or, aujourd'hui, la Chine a annoncé que les journalistes accrédités pour les JO n'auraient accès qu'à une version censurée d'Internet, comme l'ensemble de la population chinoise.

Principale cible de la censure, les sites concernant le mouvement spirituel Falungong, qui aurait 70 millions d'adeptes en Chine. Considéré comme un mouvement sectaire, il est interdit par le pouvoir. Parmi les sites bloqués, on trouve également les sites pro-tibétains ou ceux de certaines ONG défendant les Droits de l'Homme comme Amnesty International. De plus, sur place, les journalistes ont déjà constaté qu'ils ne pouvaient accéder depuis le centre de presse à certains sites d'information comme celui de la BBC ou de la radio allemande Deutsche Welle. Le CIO s'est rapidement indigné de cette censure, mais semble bien impuissant face aux autorités chinoises.

Ce matin sur RMC, François Pesenti, directeur du service de la rédaction et du service des sports, a réagi à cette annonce qui tombe à moins de 10 jours du début des épreuves : « D'abord, on fait de la radio sur RMC. Et ce qu'il faut savoir, c'est que nos lignes radio ne sont pas des lignes ADSL, on ne passe pas par Internet pour faire de la radio. Le média radio ne sera pas concerné ni handicapé au niveau de la transmission des directs. Ensuite, évidemment, nous utilisons Internet pour nous informer, pour échanger des infos, pour nos mails... Mais j'ai envie de dire "pas de panique" parce que le fait que l'Internet soit réduit, que le débit soit ralenti ou différé, ce sont des choses que l'on a anticipées depuis longtemps, dont on se doutait. Pour nous, ce n'est pas une surprise. C'est un effet d'annonce un peu politique, mais dans les faits il ne faut pas dramatiser. Ça ne change rien sur la manière dont on va travailler et encore moins sur le ton que l'on va adopter, la liberté d'expression qu'on utilisera en Chine comme en France. »

Pour Pierre Haski, co-fondateur et journaliste du site internet Rue89.com, qui part en Chine dans quelques jours, « Ce qui est intéressant, ce n'est pas tant le fait qu'ils le fassent, mais le fait qu'ils le disent. Il fallait être naïf pour penser que les restrictions d'accès à un certain nombre de sites seraient levées pendant les JO. Par cette annonce, ils veulent signifier au monde que la Chine est en train de redevenir une grande puissance, mais qu'elle le redevient à ses conditions à elle, avec ses valeurs à elle. Personne aujourd'hui n'est en mesure de lui dire "Bah non, ce n'est pas comme ça". Le rapport de force sur le plan international a basculé du côté de la Chine. »

« Le CIO s'est contenté de très vagues recommandations et de très vagues paroles de la Chine et il a endormi la planète depuis 7 ans. Aujourd'hui les chinois disent "On s'était engagés à fournir un accès à Internet, on ne s'était pas engagés à donner accès à tout". Il y a un peu un marché de dupes, et la responsabilité est largement celle du CIO. Pendant ces 7 ans, la Chine est devenue une grande puissance incontournable, non seulement économiquement, mais même diplomatiquement, et elle est en mesure aujourd'hui de dicter ses conditions. »

La rédaction-Bourdin & Co