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Nigeria: d'ex-otages de Boko Haram racontent leur calvaire

Photo fournie par l'armée nigériane le 30 avril 2015 prise dans un lieu non divulgué de l'Etat de Borno montrant des jeunes filles libérées lors d'une opération contre le groupe islamiste Boko Haram

Photo fournie par l'armée nigériane le 30 avril 2015 prise dans un lieu non divulgué de l'Etat de Borno montrant des jeunes filles libérées lors d'une opération contre le groupe islamiste Boko Haram - -, Nigerian army/AFP

Libérées par l'armée nigériane, quelques-unes commencent à parler: les captives de Boko Haram, prisonnières du groupe islamiste pendant de longs mois dans le nord-est du Nigeria, racontent leur calvaire, la faim, les privations et les menaces.

Près de 700 femmes et enfants ont été sauvés la semaine dernière des insurgés qui les retenaient dans un de ses fiefs, la forêt de Sambisa. Dimanche soir, les autorités ont annoncé avoir transféré dans un camp de déplacés 275 femmes et enfants dans la capitale de l'Etat d'Adamawa, Yola.

Traumatisés et souffrant de sous-nutririon pour certains, les ex-otages ont été confiés à l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) pour un soutien post-traumatique et une réinsertion sociale.

"Huit femmes et 15 enfants ont été hospitalisés pour des blessures reçues pendant l'opération de sauvetage", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'agence, Sani Datti.

Une des otages, Binta Abdullahi, 18 ans, avait été enlevée dans son village près de Madagali, dans le nord de l'Etat d'Adamawa, il y a plus d'un an. Elle a recouvré la liberté mais d'autres ont eu moins de chance.

"Quand les militaires ont donné l'assaut au camp où nous étions détenus, nos ravisseurs nous ont dit de nous réfugier sous les arbres et buissons pour échapper aux bombardements de l'armée", a déclaré la jeune femme à des journalistes à son arrivée à Yola.

"Des femmes qui s'étaient cachées sous les arbres ont été écrasées par des chars qui avançaient sans savoir qu'elles étaient là", a déclaré Binta Abdullahi.

Mariages forcés et sévices sexuels

Binta Abdullahi a ajouté avoir été détenue en deux endroits différents avant d'être emmenée dans la forêt de Sambisa le mois dernier. Elle est notamment passée par le "quartier général" de Boko Haram à Gwoza, une ville du nord-est du Nigeria où le groupe qui a fait allégeance à l'organisation de l'Etat islamique avait proclamé un "califat" l'an dernier sur les territoires qu'il contrôlait alors.

Son témoignage est semblable à celui d'autres otages qui ont raconté mariages forcés, sévices sexuels et pressions psychologiques aux mains de leurs ravisseurs. Certains ont été obligés d'aller combattre sur le front.

la rédaction avec AFP