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Natascha Kampusch détaille sa longue séquestration dans un livre

Dans son livre "3.096 jours", l'Autrichienne Natascha Kampusch détaille ses huit années de séquestration dans une cave par Wolfgang Priklopil. Son ravisseur l'affamait, la frappait pour qu'elle ne puisse pas s'étendre sur le dos et la forçait à nettoyer s

Dans son livre "3.096 jours", l'Autrichienne Natascha Kampusch détaille ses huit années de séquestration dans une cave par Wolfgang Priklopil. Son ravisseur l'affamait, la frappait pour qu'elle ne puisse pas s'étendre sur le dos et la forçait à nettoyer s - -

par Sylvia Westall VIENNE (Reuters) - Dans un livre publié mardi, l'Autrichienne Natascha Kampusch dit avoir survécu, au début de ses huit années de...

par Sylvia Westall

VIENNE (Reuters) - Dans un livre publié mardi, l'Autrichienne Natascha Kampusch dit avoir survécu, au début de ses huit années de séquestration dans une cave, en demandant à son ravisseur de lui lire des histoires avant qu'elle s'endorme afin de connaître une "illusion de normalité".

Les mémoires de Kampusch, "3.096 jours", détaillent les méthodes de Wolfgang Priklopil, son ravisseur, qui l'affamait, la frappait pour qu'elle ne puisse pas s'étendre sur le dos et la forçait à nettoyer sa maison à demi nue en la traitant d'esclave.

Celle qui avait dix ans lors de son enlèvement estime avoir survécu grâce à ses "instincts d'enfant", pressentant à quel moment il valait mieux céder à son ravisseur "malade" et quand lui résister. Elle s'est échappée en août 2006. Priklopil s'est suicidé quelques heures plus tard en se jetant sous un train.

Le livre publié à Vienne paraîtra en anglais dès jeudi.

Enlevée dans la capitale autrichienne sur le chemin de l'école, Kampusch dit s'être obligée à régresser mentalement à l'âge de quatre ou cinq ans afin de supporter ses premières nuits dans la cellule sans ouverture où Priklopil la confinait dans le sous-sol de sa maison.

"C'était une tentative désespérée pour créer un petit refuge dans une situation sans espoir", écrit Kampusch, aujourd'hui âgée de 22 ans, dans la version allemande de ses mémoires.

"Quand le ravisseur revenait dans la cellule, je lui demandais de rester avec moi, de me mettre au lit correctement et de me lire une histoire avant que je m'endorme.

"COURS, BON SANG, COURS !"

"Je lui demandais même de m'embrasser pour me souhaiter bonne nuit, comme le faisait ma mère (...), n'importe quoi pour préserver l'illusion de la normalité", indique-t-elle.

Kampusch dit avoir eu terriblement peur qu'il la tue.

Dans les dernières années de sa captivité, l'adolescente s'est mise à tenir des carnets de notes qui ont servi à la rédaction de son livre, auquel deux "nègres" ont contribué.

Kampusch a été victime d'abus sexuels et psychologiques de la part de Priklopil, qui lui criait jour et nuit par interphone qu'elle devait lui "obéir". Il lui rasait la tête et brûlait ses cheveux par crainte que la police ne découvre des traces de son ADN. Il faisait aussi en sorte qu'elle soit sous-alimentée.

"Par ces méthodes, le ravisseur me maintenait en état de faiblesse et faisait de moi une captive à la fois dépendante et reconnaissante (du peu de nourriture qu'il lui donnait)."

Elle a tenté plusieurs fois de se supprimer.

Le récit de Kampusch laisse entendre qu'elle a failli être découverte plus d'une fois durant ses huit ans de détention, en particulier un jour où des policiers ont arrêté la voiture de Priklopil et lors d'un séjour en montagne.

Un complément d'enquête a conclu cette année que Priklopil avait agi seul pour enlever et séquestrer l'écolière.

Kampusch s'est échappée en 2006 alors qu'elle passait l'aspirateur dans la voiture de Priklopil et que celui-ci était occupé à répondre au téléphone.

"J'étais seule. Pour la première fois depuis le début de mon emprisonnement, le ravisseur n'avait pas les yeux sur moi", écrit-elle en évoquant l'état de choc où elle s'était sentie avant de retrouver son instinct de survie.

"Cours, cours, bon sang, cours !", se disait-elle.

Depuis qu'elle a retrouvé la liberté, Kampusch anime un talk-show et a fait quelques apparitions médiatiques préparées avec soin. Un film consacré à son histoire sortira en salle en 2012.

"Ce n'est que maintenant et avec ces lignes que je peux tirer un trait sur tout cela", écrit-elle au dernier chapitre du livre. "Je peux vraiment dire à présent : je suis libre."

Philippe Bas-Rabérin pour le service français