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Yémen: Washington et Londres haussent le ton

Les forces pro-gouvernementales à Hodeida.

Les forces pro-gouvernementales à Hodeida. - STRINGER / AFP

Dimanche, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont estimé que le temps de la négociation était venu au Yémen, alors que l'offensive à Hodeida a fait près de 150 morts.

Des combats particulièrement meurtriers font rage lundi dans la ville portuaire de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, au moment où Washington et Londres accentuent la pression sur l'Arabie saoudite pour que la coalition qu'elle commande dans ce pays cesse rapidement les hostilités.

Une offensive lancée en juin

Au moins 110 rebelles, 32 loyalistes et sept civils ont été tués ces dernières 24 heures dans les affrontements, dont certains se déroulent dans des quartiers résidentiels, ont indiqué lundi des sources militaires et hospitalières.

Ce bilan a été donné alors que les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, opposent une farouche résistance à la progression des forces progouvernementales appuyées par l'Arabie saoudite, a admis une source militaire loyaliste.

Hodeida, grande ville de la côte occidentale du Yémen sur la mer Rouge, revêt une importance stratégique car c'est le point d'entrée de plus des trois-quarts des importations et de l'aide humanitaire internationale dans le pays en guerre.

L'offensive des forces progouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais elle s'est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec un bilan d'au moins 592 morts jusqu'ici (460 rebelles, 125 loyalistes et 7 civils), selon des sources militaires et des médecins.

"Bavures" à répétition

L'Arabie saoudite a été considérablement affaiblie par l'affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul. Elle était déjà vivement critiquée pour des "bavures" à répétition ayant fait des centaines de victimes civiles lors de frappes aériennes depuis 2015 au Yémen.

Tour à tour, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et son homologue britannique Jeremy Hunt ont estimé que le temps de la négociation était venu pour le Yémen.

Lors d'un entretien dimanche avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense, Mike Pompeo a explicitement appelé à "la fin des hostilités" au Yémen, demandant que "toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit".

L'administration américaine de Donald Trump, visiblement sous la pression du Congrès, a confirmé l'annonce samedi par Ryad que la coalition sous commandement saoudien au Yémen allait désormais effectuer elle-même le ravitaillement en vol de ses avions, assuré jusqu'ici par les Etats-Unis.

Un coût humain "incalculable"

De son côté, Jeremy Hunt a évoqué le coût humain "incalculable" du conflit yéménite, estimant que sa résolution passe par une solution "politique".

Le ministre britannique, qui doit être reçu au plus haut niveau lundi en Arabie saoudite, est favorable à une "nouvelle action" au Conseil de sécurité pour soutenir les efforts du médiateur de l'ONU au Yémen Martin Griffiths qui cherche à organiser un nouveau round de négociations "d'ici la fin de l'année".

Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l'ONU, qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine.

B.L. avec AFP