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Istanbul: ce que l'on sait de l'explosion qui a fait 10 morts et 15 blessés

Une violente explosion est survenue peu après 10 heures dans le quartier touristique de Sultanahmet, où se trouvent la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue. Au moins 10 personnes ont été tuées et 15 autres blessées, selon un premier bilan officiel.

Au moins 10 personnes ont été tuées et 15 autres blessées par une explosion survenue mardi matin dans un quartier touristique d'Istanbul, la plus grande ville de Turquie, selon un premier bilan officiel. Il s'agit d'un attentat suicide, commis par un jeune homme de 28 ans. Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a convoqué mardi une réunion de crise à Ankara.

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> Que s'est-il passé ?

La déflagration, très puissante, s'est produite à 10h18 locales (9h18 heure française). Elle s'est produite sur l'ancien hippodrome qui borde la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, dans le quartier de Sultanahmet, le coeur touristique d'Istanbul. 

L'explosion a eu lieu dans un endroit extrêmement touristique.
L'explosion a eu lieu dans un endroit extrêmement touristique. © BFMTV

Violente, la détonation a été entendue et ressentie jusqu'à la place Taksim, à plusieurs kilomètres de distance de Sultanahmet, a confirmé à l'AFP un témoin qui se trouvait sur place. Des témoins cités par la chaîne CNN-Türk - qui a tweeté des photos de la place où a eu lieu l'explosion - ont parlé d'une "violente explosion qui a été entendue depuis des districts avoisinants".

"Ça ressemblait à un tonnerre", a expliqué sur BFMTV Cengiz Aztar, un témoin sur place. Ce professeur de sciences politiques à Istanbul se trouvait à 4 km au Nord du quartier de Sultanahmet quand il a entendu l'explosion. 

"Il n'y a eu qu'une explosion", a par ailleurs indiqué sur notre antenne Gokham, un autre témoin à Istanbul travaillant dans hôtel près de la place Sultanahmet.

> Combien de victimes ?

Les premières photos prises sur place montrent plusieurs corps démembrés couchés sur le sol pavé de cette grande esplanade. Au moins dix personnes ont été tuées et 15 blessées, selon un premier bilan du gouvernorat de la mégapole turque. Huit Allemands figurent parmi les victimes décédées, et neuf autres sont blessés, selon les autorités turques.

Les secours et la police sont immédiatement arrivés en nombre sur les lieux et ont bouclé le périmètre.

> Quelle est la raison de l'explosion ?

L'explosion d'Istanbul est due à "un attentat-suicide commis par une personne d'origine syrienne", a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan, confirmant la piste terroriste mise en avant par des témoins peu après la déflagration. Agé de 28 ans, l'homme à l'origine de l'attentat est "un étranger membre de Daesh", a déclaré me Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. Ce dernier a convoqué une réunion de crise à Ankara.

Sur BFMTV, le directeur délégué à la rédaction de l’Express, Christian Makarian, a rappelé que la vigilance à l’égard de Daesh était à son paroxysme.

"La Turquie a clairement désigné Istanbul comme une cible prochaine de l’organisation terroriste", a-t-il indiqué.

"Sur les fronts kurde et anti-Daesh, il y a eu une politique d’Erdogan qui a montré ses limites mais également les risques et les dangers qu’elle fait courir à la Turquie", a expliqué le journaliste.

> Quelles précautions les touristes doivent-ils prendre ?

Sultanahmet est un quartier très touristique. L'explosion a eu lieu près de la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, les deux monuments les plus visités d'Istanbul. Les voyageurs sont donc appelés à la prudence.

Le ministère français des Affaires étrangères a dans la foulée actualisé ses conseils aux voyageurs. "Une puissante explosion d’origine inconnue est survenue dans la matinée du mardi 12 janvier 2016 dans le quartier touristique de Sultanahmet, près de Sainte-Sophie et de la Mosquée bleue, à Istanbul. Il est fortement recommandé d’éviter ce secteur", prévient le Quai d'Orsay.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a également appelé ses ressortissants à éviter les lieux de rassemblements et sites touristiques. "Il est recommandé avec insistance aux voyageurs se trouvant à Istanbul d'éviter provisoirement les lieux de rassemblement, notamment sur la place publique et aux abords d'attractions touristiques", a indiqué le ministère sur son site internet.

> La Turquie, cible du terrorisme ?

La Turquie vit depuis plusieurs mois en état d'alerte depuis le double attentat suicide qui a fait 103 morts le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara. Cette attaque, la plus meurtrière jamais survenue sur le sol turc, a été attribuée par les autorités au groupe jihadiste Daesh (l'acronyme en arabe de l'Etat islamique).

En janvier 2015, une kamikaze s'était fait exploser devant un poste de police sur le même site de Sultanahmet, blessant deux policiers. L'attaque avait été attribuée à une organisation d'extrême-gauche, le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), qui a commis plusieurs attentats ces dernières anées.

Le 23 décembre, l'aéroport Sabiha Gökçen, sur la rive asiatique d'Istanbul, a également été la cible d'une attaque au mortier qui a fait un mort et un blessé. Une organisation armée kurde, le groupe des Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) avait revendiqué l'opération en riposte aux "attaques fascistes qui réduisent en ruines les villes kurdes".

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, des combats meurtriers ont repris depuis l'été entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces affrontements ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

V.R. avec AFP