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Syrie: Une Conférence de Genève II pour mettre fin à la guerre civile

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EDITO - Mercredi s'ouvre la conférence de Genève II, dont le but est de mettre un terme à la guerre qui ravage la Syrie. Une guerre civile, quoiqu'en disent certains.

Mercredi, en Suisse, se rencontreront ENFIN les belligérants syriens de ce qui est proprement une guerre civile. Certains prétendent qu'il ne s'agit pas d'une telle guerre, mais alors si la guerre en Syrie n'en est pas une, quelle est donc l'utilité de la notion de "guerre civile"? Ah mais il y a des étrangers en très grand nombre parmi les insurgés islamistes et djihadistes, nous dit-on. Cela est vrai. Toutefois, les guerres civiles à présence étrangère ne sont pas rares!

Voyons ce 20e siècle: la guerre civile espagnole, des étrangers des deux côtés et sans doute davantage du côté de Franco. La guerre civile grecque de l'immédiate après-guerre: les Yougoslaves communistes du côté communiste grec, contre les Britanniques massivement investis du côté royalo-réactionnaires. La guerre du Biafra: la France gaullienne aida les rebelles biafrais contre le Nigéria, et cela étendit de plusieurs mois cette guerre désespérée.

> Qui sont donc ces étrangers?

En Syrie, des milliers d'islamistes et de djihadistes étrangers ont gonflé les rangs d'al Nosra, ou encore de l'État islamique en Syrie et au Levant. L'on pourrait même dire que presque tous les effectifs de ces katiba sont étrangers. Mais il y a aussi des Syriens véritables, dans des milices moins extrêmes, et l'Armée syrienne libre, en mauvaise passe, existe quand même encore.

Côté gouvernemental, n'a-t-on pas invité des miliciens du Hezbollah libanais pour prêter main forte non loin de la frontière libanaise? Ils ont participé à leur victoire à al-Qousseïr (ville charnière entre Damas et la côte). Ou encore pourrais-je dire la défaite des insurgés anti-régime. Et puis enfin, il y a des Gardes révolutionnaires iraniens en nombre, son-ils un millier, dix milliers? En tout cas ils sont là et participent de toutes sortent de façons aux combats. Dernière présence: des conseillers militaro-techniques russes. Quelques centaines peut-être, mais toujours très utiles. Conclusion: c'est une guerre civile.

> Une conférence mondiale derrière la conférence entre Syriens

La négociation qui s'ouvrira à Genève n'est pas strictement une affaire bilatérale. Une quinzaine d'États seront à Genève. Arabes, Européens (dont la France et l'UE), les États-Unis, la Russie, la Turquie. Et même l'Iran pourrait être là. Car il s'agit dans cette conférence de planifier une fin à l'effroyable GUERRE CIVILE.

Derrière les deux jours publics, commenceront plusieurs jours de négociations à huis clos à Montreux, et ce ne sera pas un festival de jazz. Seuls les parties syriennes, les Américains et les Russes seront là. Et commencera le marathon de plusieurs jours sans fin prédéterminée. Le début du condominium russo-américain sur la Syrie est en germe, et la politique fiction pourrait devenir une réalité.

Harold Hyman et specialiste de géopolitique