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Syrie: plus de 215.000 morts après quatre ans de conflit

Des pompiers interviennent après le bombardement des forces du régime de Bachar -al-Assad à Alep.

Des pompiers interviennent après le bombardement des forces du régime de Bachar -al-Assad à Alep. - Zein al-Rifai - AFP

Quatre ans après le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme dresse un terrible bilan. Plus de 215.000 personnes ont été tuées, dont un peu plus de 66.000 civils.

Le bilan est déjà terrible et n'est pourtant pas définitif. Quatre ans après le début de la révolte des rebelles syriens contre le régime de Bachar al-Assad, plus de 215.000 personnes ont péri, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Rien que depuis début février, 5.000 personnes ont été tuées dans des combats, d'après l'ONG.

"Nous avons comptabilisé 215.518 morts en quatre ans de guerre, dont 66.109 civils", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur l'OSDH, organisation qui dispose d'un large réseau de sources en Syrie. Parmi les victimes civiles, 10.808 sont des enfants.

Plus de 39.000 morts chez les rebelles syriens

Les pertes les plus lourdes sont à comptabiliser parmi les forces de Bachar al-Assad. Du côté des forces pro-régime, l'ONG dénombre 46.138 soldats morts, 30.662 miliciens des Forces de défense nationale, 674 membres du Hezbollah chiite libanais et 2.727 miliciens chiites venus d'autres pays.

Du côté des rebelles syriens, 39.227 ont péri dans la guerre, un bilan qui comprend également les combattants kurdes syriens. Les groupes jihadistes (Front Al-Nosra et organisation Etat islamique) ont perdu, eux, 26.834 de leurs hommes, d'après le bilan de l'OSDH.

Toutefois, ce bilan de 215.000 morts pourraient être bien plus élevées, notamment chez les rebelles syriens, "en raison du grand nombre de disparus dont on ignore le sort", note Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH. Selon l'observatoire, il faut ajouter 20.000 personnes détenues dans les prisons du régime, considérées comme disparues. On ignore en outre le sort de plusieurs milliers de civils et de combattants des deux bords qui ont été enlevés.

Crainte de "l'oppression de l'EI"

Plus que jamais, les responsables de l'ONG en appelle à la communauté internationale pour mettre fin à cette barbarie. "Il y a plus de 215.000 morts alors que la communauté internationale est silencieuse et qu'aucun crime n'est puni par des tribunaux internationaux", déplore Abdel Rahmane. "L'impunité encourage le meurtrier à poursuivre ses crimes".

"Le peuple syrien s'est révolté en mars 2011 pour parvenir à l'Etat de droit et à la liberté et non pas pour passer de l'oppression de la dictature à l'oppression du groupe Etat islamique", a-t-il aussi souligné. Samedi, 700 personnes se sont réunies également à Paris, place de la République, pour dire "non à Assad, non à l'Etat islamique".

J.C. avec AFP