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Syrie: où en est-on après deux ans de conflit?

La ville de Homs, en avril 2012.

La ville de Homs, en avril 2012. - -

Deux ans après la révolte de Deraa, qui a marqué le début du soulèvement contre Bachar al-Assad, où en est la Syrie?

Cela fait deux ans ce vendredi que la Syrie est ravagée par un conflit meurtrier. C'est à Deera que les premières manifestations ont eu lieu, le 15 mars 2011, marquant le soulèvement d'une partie de la population contre le régime de Bachar al-Assad. Alors que les ONG appellent vendredi à manifester pour "dire stop aux massacres" et que la France et la Grande-Bretagne sont décidés à armer les rebelles, quelle est la situation?

> 70.000 morts, un million de réfugiés

Plus de 70.000 personnes ont trouvé la mort en Syrie, depuis le début du conflit, selon les Nations Unies. Et puis "des dizaines de milliers d’autres ont été blessées, sont disparues ou emprisonnées, des milliers ont été victimes d’actes de torture, de mauvais traitements, de violences sexuelles, des millions ont été déplacées à l'intérieur et des centaines de milliers sont réfugiées à l’extérieur du pays", rappelle la Fédération internationale des droits de l'Homme, qui dénonce "deux ans de crimes contre les civils". Plusieurs ONG appellent à une "vague blanche" pour manifester vendredi 15 mars et dire "stop aux massacres en Syrie".

Par ailleurs, le nombre de réfugiés, dans les pays de la région, Liban, Jordanie, Egypte, Turquie, Irak, a dépassé début mars le cap du million. Ces réfugiés vivent dans des conditions de précarité extrême, selon le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies.

> L'Europe divisée

La France et la Grande-Bretagne ont prôné jeudi une levée rapide de l'embargo européen pour pouvoir livrer des armes aux rebelles en guerre contre le régime. Laurent Fabius a même indiqué que Paris et Londres livreraient des armes aux rebelles, même sans l'accord de l'Union européenne.

Plusieurs membres de l'Union européenne, dont l'Allemagne, voient en effet d'un mauvais oeil l'idée de lever l'embargo, jugeant que cela ne pourrait qu'aggraver le conflit. Mais Berlin a dit être prêt à en discuter "immédiatement".

La France est le premier pays à avoir reconnu la coalition syrienne et accueilli en novembre 2012 son représentant.

Les Etats-Unis ont de leur côté affirmé qu'ils soutiendraient "certainement toutes sortes d'appui à l'opposition syrienne dont parlent publiquement la France et le Royaume-Uni", sans se prononcer explicitement pour une levée de l'embargo sur les armes.

> Blocage à l'ONU

A l'ONU, le Conseil de sécurité reste divisé sur la crise syrienne, la Russie et la Chine, alliées de Damas, ayant bloqué toutes les tentatives occidentales pour faire pression sur le président Bachar al-Assad.

François Hollande, en visite officielle fin février en Russie, estimait cependant partager avec les Russes "le même objectif", mais pas la "même façon d'y parvenir". L'objectif commun est d'éviter "la dislocation" de la Syrie.

Jeudi, les membres du Conseils de sécurité étaient cependant d'accord pour juger très inquiétants les "incidents frontaliers répétés" entre la Syrie et le Liban.

> La menace des armes chimiques

Le chef du renseignement militaire israélien a affirmé jeudi que le régime du président syrien Bachar al-Assad pourrait recourir aux armes chimiques dans sa lutte contre les rebelles.

S'exprimant lors de la conférence annuelle sur la sécurité régionale à Herzliya, au nord de Tel-Aviv, le général Avi Kohavi a affirmé que Bachar al-Assad avait encore sous son contrôle des stocks d'armes chimiques, dont l'Etat hébreu redoute qu'ils ne tombent entre les mains de rebelles.

"Assad se prépare à utiliser ses armes chimiques. Il n'a pas encore donné d'ordre, mais il s'y prépare", a-t-il déclaré.

M.R. avec AFP