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Offensive turque en Syrie: Pence à Ankara pour arracher un cessez-le-feu à Erdogan

Mike Pence

Mike Pence - AFP

Malgré les sanctions américaines, le président turc Recep Tayyip Erdogan a d'ores et déjà exclu de "s'asseoir à la table des terroristes". L'expression désigne les YPG, la milice kurde des Unités de protection du peuple.

Donald Trump a dépêché son vice-président et son secrétaire d'Etat en Turquie. Mike Pence et Mike Pompeo vont tenter ce jeudi d'arracher un cessez-le-feu au président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a sommé les forces kurdes de déposer les armes et de se retirer du nord de la Syrie.

"Notre mission est de voir si nous pouvons obtenir un cessez-le-feu, voir si nous pouvons négocier", a affirmé Mike Pompeo à la presse avant de monter à bord de son avion.

Des discours très contradictoires de Trump

Vivement critiqué à Washington pour avoir semblé donner son feu vert à l'opération turque, le président américain a depuis exhorté Ankara à stopper son offensive et autorisé des sanctions contre la Turquie. Selon le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, d'autres sanctions américaines sont en préparation en cas de non-accord.

Donald Trump a néanmoins brouillé les signaux en déclarant mercredi, avant le départ de Mike Pence et Mike Pompeo, que "si la Turquie va en Syrie, c'est une affaire entre la Turquie et la Syrie, ce n'est pas notre problème". "Les Kurdes ne sont pas des anges", a-t-il ajouté.

Erdogan exclut une trêve

En ce qui concerne une trêve, Recep Tayyip Erdogan a d'ores et déjà exclu de "s'asseoir à la table des terroristes". L'expression désigne les YPG, la milice kurde des Unités de protection du peuple, soutenue par les Occidentaux pour son rôle de premier plan dans la lutte contre Daesh.

Mais Ankara dénonce les liens de l'organisation avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une sanglante guérilla en Turquie. L'objectif affiché de l'opération turque est la création d'une "zone de sécurité" de 32 km de profondeur le long de sa frontière, qui permettrait de séparer celle-ci des zones YPG et de rapatrier une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens installés en Turquie.

Sur le terrain, les combats continuent de faire rage, en particulier à Ras al-Aïn, ville située à la frontière turque où les combattants kurdes tentent de repousser l'assaut des forces d'Ankara.

M.D. avec AFP