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Faim, froid et maltraitance: l'ex-otage Nicolas Hénin raconte

Nicolas Hénin, dimanche, enfin libre après dix mois de captivité en Syrie.

Nicolas Hénin, dimanche, enfin libre après dix mois de captivité en Syrie. - -

Le journaliste, libéré avec ses trois confrères samedi en Syrie, est revenu dimanche sur sa détention, et sur les espoirs qui l'ont nourris durant ces dix mois.

La faim et le froid. C'est principalement ce dont les quatre journalistes ex-otages ont souffert, du moins pendant la première partie de leur détention aux mains des jihadistes, selon le témoignage de Nicolas Hénin. Interrogé par la chaîne Arte, pour laquelle il travaillait avant sa capture, il est revenu sur ces longs mois de détention.

• Des conditions difficiles. "Nous avons souffert du manque de nourriture. Heureusement, on nous a donné au cours des derniers mois de quoi nous remplumer", explique le journaliste dans un sourire. Le froid a également été rude. "Nous n'avions pas d'eau chaude. Moi, j'ai gardé par exemple les habits avec lesquels j'ai été capturé le 22 juin jusqu'au 23 décembre".

Enfin, l'obscurité a joué contre eux. "Sur la dizaine de lieux de détention qu'on a traversé, presque tous étaient souterrains. Parfois avec un soupirail, parfois des pièces aveugles". Il se souvient notamment d'une fois où le néon est resté cassé durant trois jours. "On est resté dans le noir." "Il y a eu également un peu de maltraitance physique, mais cela tous les prisonniers syriens y passent. La Syrie a toujours été un grand centre mondial de la torture".

• Des preuves de vie régulières. "Ce qui a été extrêmement réconfortant pour nous, c'est la façon dont on sentait que les négociations étaient menées du côté des Français. Ils réclamaient très souvent à nos ravisseurs des preuves de vie, et ça, je pense que c'est la "french touch", la façon française de gérer les otages. Régulièrement ils venaient chercher des preuves de vie, faire des vidéos de nous ou nous poser des questions secrètes qui venaient de nos familles. Ca nous donnait des raisons d'y croire", témoigne Nicolas Hénin.

• Une libération inattendue. Après trois jours de détention, le journaliste avait réussi à fausser compagnie à ses geôliers et à s'éloigner d'une dizaine de kilomètres avant d'être capturé de nouveau. Un échec qui l'avait poussé à ne plus rien tenter. "S'ils me butent, ce sera leur décision", a-t-il dit.

Mais samedi, coup de théâtre. "L'un des ravisseurs est venu dans la cellule en nous annonçant "Frontière turque, on y va"." Les quatre otages sont alors montés dans une voiture, attachés. Ils ont fini par s'arrêter, au coucher du soleil, à côté de la frontière. "Là, ils nous ont indiqué l'armée turque, et on a marché quelques centaines de mètres, dans des champs." Arrivés devant les militaires, les quatre otages étaient libres.

Alexandra Gonzalez