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Fabius: "le président de la coalition syrienne m'a confirmé une attaque chimique" en Syrie

Laurent Fabius sur BFMTV, jeudi 22 août.

Laurent Fabius sur BFMTV, jeudi 22 août. - -

Le ministre des Affaires étrangères était l'invité de BFMTV et RMC ce mercredi. Il est notamment revenu sur la situation en Syrie, alors que le régime de Bachar al-Assad est accusé d'avoir utilisé des armes chimiques, mercredi.

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin, ce jeudi, sur BFMTV et RMC, pour évoquer la possible attaque chimique perpétrée contre l'opposition syrienne, mercredi.

"Je vais vous donner mes sources d'information. Mercredi soir, j'ai eu, à sa demande, longuement, Ahmad Assi Jarba, le président de la coalition syrienne. Lui me confirme absolument ces éléments", a d'emblée indiqué le chef de la diplomatie. "Selon lui, il y a eu une attaque très très dure avec des avions, des missiles et qu'il y a eu également utilisation d'arme chimique, massive, dans la banlieue de Damas", a poursuivi le ministre. "Lui est formel".

"Si le régime syrien n'a rien à se reprocher, qu'il laisse les enquêteurs enquêter"

"Si c'est vrai, c'est un carnage épouvantable", a déploré Laurent Fabius, qui s'exprime au lendemain d'une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur cette attaque. "Dans une telle circonstance, que doit-on faire? Nous avons immédiatement saisi le Conseil de sécurité des Nations unies car il se trouve qu'il y a, en ce moment même, des enquêteurs de l'ONU en Syrie. Si le régime de Bachar al-Assad n'a rien à se reprocher, qu'il laisse les enquêteurs enquêter".

"Très rapidement, alors que le massacre allégué vient d'avoir lieu, il faut que les enquêteurs de l'ONU puissent aller sur place" pour vérifier s'il y a eu utilisation d'armes chimiques, a ainsi déclaré Laurent Fabius, précisant que la réponse de l'ONU sur ce sujet a été "un peu ambigüe" et que "les Russes sont intervenus pour moduler cela". 

"Je compte sur le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, pour faire en sorte que l'enquête puisse avoir lieu immédiatement", a insisté le ministre, avant d'ajouter: "Si les Syriens ne veulent pas, c'est qu'ils sont pris la main dans le sac".

Interrogé sur un éventuel veto de la Russie -qui soutient le régime de Bachar al-Assad- à l'ONU sur l'intervention des enquêteurs sur place, Laurent Fabius a reconnu que, dans ces conditions, le Conseil de sécurité "ne peut pas prendre de décision et qu'elle doit donc être prises d'une autre façon", sans toutefois préciser laquelle.

Possibilités d'une "réaction de force"

Laurent Fabius a également insisté sur la date de l'attaque. "Si cela a eu lieu, c'est fait au moment, où, précisement, les inspecteurs de l'ONU sont sur place. Ce qui veut dire 'Moi, Bachar al-Assad, je me moque de la communauté internationale'. Et c'est aussi intervenu exactement un an et un jour après la phrase célèbre d'Obama disant qu'il y a des 'lignes rouges à ne pas franchir'. Cela voudrait dire que Bachar al-Assad et les gens qui l'inspirent, l'Iran notamment, considèreraient qu'ils ont une impunité absolue". 

Concernant une éventuelle réaction militaire de l'Occident, Laurent Fabius a indiqué que si les attaques "sont avérées", "il faudra non seulement une réaction de condamnation internationale" mais aussi "une réaction de force". Et de préciser: "Il y a des possibilités de répliquer de la part des Américains, des Britanniques, des Français". Il n'est en revanche "pas question", d'envoyer des troupes militaires au sol, a ajouté le ministre.