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Les fillettes saoudiennes auront le droit de faire du sport à l'école

Des Saoudiennes lors d'un festival culturel en février 2016 dans la banlieue de Riyad (photo d'illustration)

Des Saoudiennes lors d'un festival culturel en février 2016 dans la banlieue de Riyad (photo d'illustration) - AFP

C'est une avancée historique pour les Saoudiennes. Les filles auront le droit de pratiquer des activités sportives à l'école. Les cours d'éducation physique leur était jusqu'à présent interdits.

C'est une première dans le royaume wahhabite. Les petites saoudiennes vont avoir le droit de suivre des cours de sport à l'école. Le ministère saoudien de l'Éducation a annoncé mi-juillet l'introduction de la pratique sportive en milieu scolaire pour les fillettes dès la rentrée prochaine. Elles n'avaient jusqu'à présent pas le droit de faire de l'exercice physique, sauf dans les écoles privées. Mais cela se fera "dans le respect de la loi islamique" sans que les activités autorisées n'aient encore été précisées, indique The New York Times.

L'introduction du sport pour les jeunes filles s'inscrit dans le cadre de la Vision 2030, un programme de réformes économiques et sociales piloté par le prince héritier, Mohamed ben Salmane. Une question qui est aussi d'ordre sanitaire: 44% des Saoudiennes souffrent d'obésité, rapporte le magazine scientifique Nature. Le prince héritier souhaite aussi augmenter la part de femmes dans la population active en passant de 22% à 30% d'ici à 2030 et envisage pour cela d'encourager le télétravail.

Des discriminations quotidiennes

Human Rights Watch (HRW) a salué cette décision d'introduire les cours d'éducation physique à l'école, tout en la jugeant insuffisante pour l'amélioration des conditions des femmes saoudiennes. "Ce pas important peut faire avancer les droits des femmes et améliorer leur santé en dépit des barrières légales qui persistent dans le pays", selon Minky Worden, directrice des initiatives globales de l'ONG, dans un communiqué.

Dans ce royaume ultraconservateur, les discriminations que subissent les Saoudiennes sont quotidiennes. Elles n'ont en effet pas le droit de conduire et ont besoin de l'accord d'un tuteur masculin, comme leur père, frère ou mari, pour travailler, faire des études ou voyager à l'étranger. La mixité est interdite et le corps des femmes doit être intégralement couvert dans l'espace public d'un grand voile noir, appelé abaya.

Une mini-jupe au cœur d'un scandale d'État

Mais les choses progressent tout doucement. Fin 2015, les Saoudiennes ont pu voter et se présenter - une vingtaine ont été élues - pour la première fois à des élections municipales. L'Arabie saoudite était le dernier pays à dénier le droit de vote à ses citoyennes. Les divorcées et veuves ont été autorisées à détenir leur propre carte d'identité.

L'année dernière, les Saoudiennes ont obtenu le droit de conserver une copie de leur contrat de mariage, un "privilège" qui revenait jusqu'ici exclusivement aux hommes. Au mois de mai dernier, elles ont aussi été autorisées par décret royal à effectuer des démarches administratives sans leur tuteur. Et sur le plan sportif, deux athlètes ont pu concourir aux Jeux olympiques de Londres en 2012 et quatre à ceux de Rio l'année dernière.

Mais régulièrement, des incidents rappellent combien le pays ultra-conservateur applique une vision rigoriste de l'islam. Ces derniers jours, une femme s'est retrouvée au centre d'un vif débat après avoir posté sur Snapchat une vidéo de quelques secondes la montrant en mini-jupe, nombril à l'air, et la tête découverte. Elle a été arrêtée et risque des poursuites pour une tenue jugée "indécente".

Céline Hussonnois-Alaya