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Tensions israélo-palestiniennes: neuf mois pour trouver un accord

La ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni a la même table que le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat (premier plan à droite)pour le dîner de rupture de jeûne du ramadan, l'iftar, offert par le secrétaire d'État américain John Kerry.

La ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni a la même table que le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat (premier plan à droite)pour le dîner de rupture de jeûne du ramadan, l'iftar, offert par le secrétaire d'État américain John Kerry. - -

Après un gel de trois ans, les négociations entre les autorités palestiniennes et israéliennes ont repris dans une atmosphère qualifiée de "positive" par la ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni.

Israéliens et Palestiniens ont repris lundi soir à Washington leurs négociations directes, gelées depuis trois ans, sous l'égide des États-Unis qui les ont exhortés à trouver un "compromis raisonnable" pour faire la paix.

Un dîner de fin de Ramadan offert par John Kerry

Dans un salon d'apparat du département d'État, la ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni était assise non loin du négociateur en chef palestinien Saëb Erakat autour d'une table de neuf personnes dressée pour le dîner de rupture de jeûne du ramadan, l'iftar, offert par le secrétaire d'État John Kerry.

Au terme d'un repas d'un peu plus d'une heure, un responsable américain a qualifié la rencontre de "constructive et productive" et qui s'est déroulée dans un "bon état d'esprit". Tzipi Livni et Saëb Erakat ont quitté le département d'État séparément sans dire un mot. Ce dîner symbolique, que John Kerry a qualifié de moment "très, très particulier", doit être suivi d'une réunion trilatérale mardi et d'une déclaration à la presse.

Le secrétaire d'Etat à la manœuvre

Le secrétaire d'État, qui est l'artisan de cette reprise des contacts directs entre Israéliens et Palestiniens, les avait poussés avant cette rencontre symbolique à trouver un "compromis raisonnable" pour mettre un terme à leur contentieux historique. Après plus de six décennies de conflit et de multiples échecs de relance du processus de paix, le département d'État avait prévenu dans la journée que ces négociations pourraient durer "au moins neuf mois", tout en refusant de parler de "date-butoir".

Dans un communiqué lundi matin, le président Barack Obama a salué un moment "prometteur" tout en avertissant les deux camps qu'ils devront faire des "choix difficiles" et qu'"il faudra travailler dur". "Le plus dur reste à venir dans ces négociations et j'espère que tant les Israéliens que les Palestiniens aborderont ces discussions de bonne foi, avec détermination et une attention soutenue", a écrit Barack Obama.

Une priorité pour Obama, mais des négociations très difficiles

Les dernières négociations de paix directes israélo-palestiniennes avaient capoté en septembre 2010, au bout de trois semaines, en raison de la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Le président des États-Unis, qui avait fait du règlement du conflit au Proche-Orient la priorité de son premier mandat en janvier 2009, avant d'échouer, s'est dit "heureux" que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas aient accepté de reprendre langue et envoyé des négociateurs à Washington. Le gouvernement israélien a approuvé dimanche la libération de 104 prisonniers palestiniens en signe de bonne volonté.

Pour superviser les pourparlers, John Kerry a nommé comme émissaire spécial un ancien ambassadeur en Israël, le très respecté Martin Indyk, 62 ans, qui s'est dit "convaincu depuis 40 ans que la paix était possible". Avant d'arriver à Washington, Tzipi Livni avait toutefois prédit des pourparlers "très difficiles et problématiques", mais nécessaires.De fait, l'amorce de ce processus de paix reste fragile.

D. N. avec AFP et Melanie Vecchio (vidéo)