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Gaza: compte à rebours lancé pour le cessez-le-feu

Des Gazaouis profitent du cessez-le-feu pour rentrer chez eux, le 6 août 2014.

Des Gazaouis profitent du cessez-le-feu pour rentrer chez eux, le 6 août 2014. - -

Le cessez-le-feu à Gaza entre ce jeudi dans son troisième et dernier jour. Si Israël accepte une prolongation sans conditions de cette trêve, le Hamas est réticent. Pour l'instant, aucun accord n'a abouti lors des négociations menées au Caire pour parvenir à une trêve durable.

Le cessez-le-feu en vigueur à Gaza depuis mardi est la trêve la plus longue observée depuis le début de l'opération israélienne "Bordure protectrice", le 8 juillet dernier. Mais une trêve fragile. Alors que le cessez-le-feu à Gaza entre jeudi dans son troisième et dernier jour -il expire vendredi à 7h (heure française)- aucun accord n'a abouti lors des négociations menées au Caire pour parvenir à une trêve durable. Si Israël accepte une prolongation sans conditions de cette trêve, le Hamas est réticent.

"Israël ne voit aucun problème à ce que le cessez-le-feu soit prolongé sans conditions", a dit un responsable à l'AFP sous couvert de l'anonymat, traduisant apparemment la volonté israélienne de dicter les termes de la négociation.

"Il n'y a pas d'accord pour prolonger le cessez-le-feu", a cependant tranché mercredi soir Moussa Abou Marzouk, le chef adjoint du Hamas, qui participe aux pourparlers indirects avec Israël au Caire.

"La tragédie de Gaza, c'est qu'elle est dirigée par le Hamas"

"Notre objectif maintenant est de nous assurer que le cessez-le-feu tienne, que Gaza puisse commencer le processus de reconstruction", a assuré le président des Etats-Unis Barack Obama lors d'une allocution en clôture du sommet USA-Afrique à Washington.

Mais pour l'instant, les deux parties poursuivent leur dialogue de sourds, se rejetant mutuellement la faute d'un conflit qui a fait 1.886 morts côté palestinien, dont 430 enfants et adolescents selon le ministère palestinien de la Santé. "La tragédie de Gaza, c'est qu'elle est dirigée par le Hamas", a insisté le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mercredi soir, lors d'une conférence de presse, accusant le Hamas de tirer des roquettes sur Israël à partir d'écoles ou d'hôpitaux, de se servir des civils comme "boucliers humains" et de "sacrifier" des enfants. Les frappes israéliennes sur trois écoles de l'ONU ont soulevé l'indignation internationale.

"Je n'ai aucune sympathie pour le Hamas mais j'en ai pour les gens ordinaires qui souffrent à Gaza", a renchéri Barack Obama, ajoutant que les habitants de la bande de Gaza avaient besoin d'"espoir" et ne pouvaient survivre longtemps coupés du monde.

Gaza, entre ruines et espoir

La guerre a aussi mis au tapis l'économie d'un territoire exigu sur lequel 1,8 million de personnes survivent au blocus imposé par Israël.

Mercredi les Gazaouis avaient l'air de croire que cette fois, le cessez-le-feu pouvait tenir. Ils ont rouvert leurs marchés et leurs banques. Des dizaines de pêcheurs ont repris la mer pour la première fois depuis des semaines.

A Khuzaa, les habitants ont profité de la trêve pour revenir dans leur quartier, où ils n'ont trouvé que des ruines.

Les discussions entre les délégations israéliennes et palestiniennes doivent se poursuivre jeudi, mais elle s'annoncent ardues, avec des exigences à première vue inconciliables. Côté palestinien, on exige en premier lieu la levée du blocus de Gaza. Israël insiste pour sa part sur son impératif de sécurité.

"Notre délégation au Caire (...) ne cèdera sur aucune de nos exigences", a dit Ismaïl Haniyeh, ex-Premier ministre du Hamas à Gaza et numéro deux du bureau politique du Hamas. "Ce que l'occupant n'a pas pu obtenir sur le champ de bataille, il ne pourra pas non plus l'obtenir sur la scène politique", a-t-il affirmé.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ont appelé les belligérants à profiter du cessez-le-feu et des discussions du Caire pour relancer l'effort plus global de paix israélo-palestinienne.

"Faut-il continuer comme ça : construire, détruire puis reconstruire encore?" s'est interrogé Ban Ki-moon, le secrétaire général devant l'Assemblée générale des Nations unies, ajoutant "nous allons reconstruire (Gaza) mais ce doit être la dernière fois".

S. C. avec AFP