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Iran: dix morts lors de manifestations nocturnes, 400 arrestations

Les difficultés économiques persistantes ont poussé les Iraniens pour la quatrième nuit consécutive dans la rue. Les heurts ont fait dix morts.

Au moins dix personnes sont mortes dimanche soir lors de manifestations violentes dans une dizaine de villes iraniennes, a indiqué lundi la télévision d'Etat. Le peuple iranien répondra aux "fauteurs de troubles et hors-la-loi", a déclaré le président Hassan Rohani, qualifiant les protestataires de "petite minorité qui lance des slogans allant à l'encontre (...) de la volonté de la nation et insulte les valeurs sacrées et révolutionnaires", selon le site de la présidence.

Pour la quatrième nuit consécutive, les Iraniens sont descendus dimanche soir dans la rue dans plusieurs villes du pays dont la capitale Téhéran pour protester contre le pouvoir et les difficultés économiques- chômage, vie chère et corruption.

La télévision d'Etat évoque des "tirs suspects"

"Notre économie a besoin d'une grande opération de chirurgie, nous devons tous être unis" a affirmé Hassan Rohani, précisant que le gouvernement avait la volonté de "régler les problèmes de la population".

Selon la télévision d'Etat, six personnes ont été tuées dimanche soir par des "tirs suspects" dans les violences qui ont touché Toyserkan (ouest), alors que plus tôt, les médias avaient fait état de quatre morts dans les villes d'Izeh (sud-ouest) et Doroud (ouest).

A Toyserkan, des personnes "portant des masques (...) ont participé aux troubles en attaquant et incendiant des bâtiments publics". Dans cet incident, il y a eu des "tirs suspects" et six personnes sont mortes, selon la même source. Au total, depuis le début jeudi des manifestations contre les difficultés économiques et le pouvoir, douze personnes ont trouvé la mort dans trois villes différentes. 

Plus de 400 arrestations 

Les nouvelles protestations sont inédites depuis le mouvement de contestation contre la réélection de l'ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009, violemment réprimé.

Dimanche des troubles sont de nouveau survenus dans une dizaine de villes, notamment Kermanshah (ouest), Shahinshahr (près d'Ispahan), Takestan (nord), Zanjan (nord), Toyeserkan (ouest), Nahavand. Des "fauteurs de troubles ont été arrêtés" dans certaines localités, selon des responsables.

A Téhéran, la police a utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau pour disperser un petit groupe de manifestants dimanche soir qui ont lancé des slogans hostiles au pouvoir dans le quartier de l'université.

Dans la capitale, 200 personnes ont été arrêtées. Quelque 200 autres ont été interpellées dans des villes de province ces derniers jours, selon les médias.

S'en prenant de nouveau au régime en Iran, leur ennemi juré, les Etats-Unis ont apporté dimanche leur soutien "au droit du peuple iranien à s'exprimer pacifiquement et être entendu". L'Iran a de son côté dénoncé les ingérences des Etats-Unis dans ses affaires. 

D. N. avec AFP