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Le "calife" Baghdadi, redoutable tacticien, recherché par les Etats-Unis

Le chef de l'Etat islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi, désigné "calife", est apparu samedi 5 juillet pour la première fois, dans une vidéo

Le chef de l'Etat islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi, désigné "calife", est apparu samedi 5 juillet pour la première fois, dans une vidéo - -

Autoproclamé "calife", soit "chef de tous les musulmans", le mystérieux Abou Bakr Al-Baghdadi, à la tête de l'Etat islamique, qui gagne du terrain en Irak et en Syrie, est en passe de devenir le plus puissant des chefs jihadistes.

Il est désormais perçu comme plus puissant que le chef d'Al-Qaïda. Abou Bakr Al-Baghdadi, chef jihadiste proclamé par son groupe "calife" de tous les musulmans, a fait sa première apparition publique dans une vidéo mise en ligne sur des sites jihadistes, ce week-end. Il est le numéro 1 de l'organisation de l'Etat islamique (EI, ex-EIIL) qui a annoncé le 29 juin l'établissement d'un califat sur de larges pans de territoires conquis en Irak et en Syrie.

Dans la vidéo diffusée ce week-end, Abou Bakr al-Baghdadi est filmé en train de prononcer un prêche, vendredi, dans une mosquée de Mossoul, la deuxième ville d'Irak, conquise lors de l'offensive lancée le 9 juin. Agissant pendant des années dans l'ombre, celui qui se fait désormais appeler "calife Ibrahim" est traqué depuis de nombreuses années par les Etats-Unis.

Recherché par les Etats-Unis

Classé "terroriste" en 2011 par les Etats-Unis, Baghdadi a opéré pendant des années dans l'ombre, et très peu de détails ont filtré sur sa personnalité, son physique et sur l'endroit où il se trouve. Né en 1971 à Samarra, au nord de Bagdad, selon Washington, il aurait rejoint l'insurrection en Irak peu après l'invasion conduite par les Etats-Unis en 2003, et aurait passé quatre ans dans un camp de détention américain.

Les forces américaines avaient annoncé en octobre 2005 la mort d'Abou Douaa -un des surnoms de Baghdadi- dans un raid aérien. Mais il est réapparu, vivant, en mai 2010 à la tête de l'Etat islamique en Irak (ISI), la branche irakienne d'Al-Qaïda. Depuis Washington offre 10 millions de dollars pour sa capture.

La stratégie anti-insurrectionnelle américaine, combinée au retournement d'une partie des tribus sunnites contre les jihadistes, avait mis le groupe à mal. Mais Baghdadi a rebondi en élargissant ses activités à la Syrie voisine, rejetant ensuite l'ordre du chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, de se concentrer sur l'Irak et de laisser la Syrie au Front Al-Nosra, un groupe jihadiste combattant contre le régime de Damas.

En avril 2013, Baghdadi a annoncé une fusion entre l'ISI et les combattants d'Al-Nosra pour former l'EIIL (Etat islamique et en Irak et au Levant), mais ces derniers ont refusé d'adhérer. Les deux groupes ont commencé à opérer séparément, avant de s'affronter en Syrie.

Commandant et tacticien

Des photos d'Abou Bakr Al-Baghdadi, diffusées par le Département d'Etat américain.
Des photos d'Abou Bakr Al-Baghdadi, diffusées par le Département d'Etat américain. © -

En janvier dernier, les autorités irakiennes ont pour la première foispublié une photo noir et blanc montrant selon elles Baghdadi: un homme barbu, au crâne dégarni en costume-cravate. Avant elles, les forces américaines, qui étaient encore présentes en Irak, avaient diffusé également des photos de lui.

Au sein de l'EI, il est salué comme un commandant et un tacticien présent sur le champ de bataille, ce qui lui vaut de prendre de plus en plus l'avantage dans les sphères jihadistes sur son rival Zawahiri.

A.S. avec AFP