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Présidentielle en Afghanistan: Abdullah se déclare vainqueur

Abdullah Abdullah s'est déclaré mardi vainqueur de la présidentielle afghane le 8 juillet 2014.

Abdullah Abdullah s'est déclaré mardi vainqueur de la présidentielle afghane le 8 juillet 2014. - -

Arrivé en tête au premier tour, Abdullah Abdullah rejette la victoire au second tour de son rival, Ashraf Ghani, due selon lui à une fraude massive. Ghani assure quant à lui que les voix ont été obtenues de manière honnête.

Abdullah Abdullah s'est déclaré mardi vainqueur de la présidentielle afghane, rejetant en bloc l'avance de son rival Ashraf Ghani, due selon lui à une fraude massive, au risque de déclencher une nouvelle période d'instabilité voire des tensions ethniques.

Abdullah Abdullah est arrivé loin derrière Ashraf Ghani (43,5% des voix contre 56,4%), selon les résultats provisoires du deuxième tour du 14 juin annoncés lundi soir par la commission électorale indépendante (IEC). Le candidat, favori après le premier tour du 5 avril remporté avec plus de 12 points d'avance sur Ashraf Ghani, a refusé de reconnaître les derniers résultats, faussés selon lui par des fraudes massives en faveur de son adversaire.

Mardi, il a enfoncé le clou en se proclamant vainqueur devant plusieurs milliers de ses partisans à Kaboul. "Sans aucun doute nous sommes les gagnants de l'élection", a-t-il lancé.

Ghani réagit calmement

Face à l'offensive de son adversaire, Ashraf Ghani a réagi plutôt calmement mardi soir lors d'une conférence de presse à Kaboul, en se disant opposé à "toute action unilatérale et contraire à la loi". Par ailleurs, le candidat a assuré que les voix qu'il avait recueillies étaient "honnêtes". Pour montrer sa bonne foi, il expliqué qu'il avait donné son accord pour que 7.100 bureaux de vote, soit trois millions de voix, fassent l'objet d'un examen pour y déceler d'éventuelles fraudes.

Mais Abdullah Abdullah a réclamé un audit incluant jusqu'à 11.000 bureaux de vote, selon son entourage. Lors de la précédente présidentielle en 2009, Abdullah Abdullah avait jeté l'éponge avant le second tour en dénonçant, déjà, des fraudes en faveur du président Hamid Karzaï, qui fut ainsi réélu.

Conscient d'attiser les tensions chez ses partisans, il s'est toutefois efforcé de rassurer la communauté internationale, inquiète de la tournure des événements. "Nous voulons l'unité nationale et la dignité de l'Afghanistan. Nous ne voulons pas la guerre civile", a-t-il assuré.

A. D. avec AFP