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Attentat dans un hôtel de Kaboul: au moins 18 morts dont 14 étrangers 

La façade noircie de l'hôtel Intercontinental de Kaboul, après l'attaque, le 21 janvier 2018.

La façade noircie de l'hôtel Intercontinental de Kaboul, après l'attaque, le 21 janvier 2018. - Shah Marai - AFP

Une attaque contre un hôtel de luxe de Kaboul s'est achevée en bain de sang, ce dimanche, après plusieurs heures de résistance de la part des assaillants.

Un véritable bain de sang. Samedi, au moins quatre assaillants armés ont pris d'assaut l'hôtel Intercontinental, à Kaboul, l'un des plus grands hôtels de la capitale afghane. L'attaque a pris fin ce dimanche matin après douze heures de résistance de la part du commando armé qui avait fait irruption samedi soir dans ce lieu très prisé des Afghans en tirant à vue sur les clients et le personnel. Elle a été revendiquée par les talibans. Au moins 18 personnes, dont 14 étrangers, ont péri dans l'attaque.

126 personnes secourues

"Quatorze étrangers et quatre Afghans ont été tués", a déclaré un porte-parole du ministère de l'Intérieur, Najib Danish, à la chaîne Tolo news, sans préciser les nationalités. L'attentat, qui a duré une douzaine d'heures, a été revendiqué par les talibans.

"Plusieurs Ukrainiens" figurent parmi les victimes, a déclaré de son côté un responsable du ministère des Affaires étrangères à Kiev, Vasyl Kyrylych, sans donner de nombre exact. "D'autres informations seront annoncées lundi matin", selon un communiqué du même ministère.

"L'attaque est terminée, tous les assaillants ont été tués, 126 personnes ont été secourues dont 41 étrangers", avait auparavant annoncé Najib Danish. Il a précisé que six membres des forces spéciales afghanes, réputées pour leur excellence, ont été blessés.

"Ils ont forcé les chambres, pris des otages avec eux"

L'attaque a été revendiquée ce dimanche par les talibans. "Hier soir, l'hôtel Intercontinental (...) a été attaqué. L'attaque a été menée par cinq de nos moudjahidines en quête de martyr", a déclaré leur porte-parole, Zabiullah Mujahid, dans un communiqué diffusé par email.

Le commando, composé de six hommes selon Najib Danish, s'était introduit samedi peu après 21 heures (locales) dans l'Intercontinental de Kaboul (propriété de l'Etat afghan et non de la chaîne internationale éponyme), déclenchant une explosion avant d'ouvrir le feu au hasard. 

Selon un voisin de l'hôtel, "les assaillants sont arrivés par le couloir pendant le dîner. Puis ils ont forcé les chambres, pris des otages avec eux et ouvert le feu sur certains d'entre eux".

Un assaillant retranché au dernier étage

L'électricité avait été coupée dans le quartier et l'hôtel, situé sur une colline de l'ouest de Kaboul, plongé dans l'obscurité toute la nuit à l'exception de hautes flammes qui s'échappaient du toit. Au cours de la nuit, les forces spéciales épaulées par des forces de l'Otan ont repris progressivement le contrôle des étages.

Alors qu'une fumée noire s'échappait du sixième et dernier étage peu après 8 heures locales (3h30 GMT) ce dimanche, des hommes ont tenté de s'enfuir par un balcon au moyen de draps noués. L'un d'eux a lâché prise, en direct à la télévision.

Selon une source de sécurité, le dernier membre du commando s'était retranché "dans une grande chambre avec des otages, afghans et étrangers" qu'il menaçait de tuer. Avant d'être abattu. 

"On l'entendait crier aux otages qu'il les tuera tous s'il ne peut pas s'en sortir", a expliqué cette source, illustrant ainsi la terreur qui a régné toute la nuit dans l'établissement.

Un hôtel déjà attaqué en 2001

L'Intercontinental de Kaboul, l'un des deux Cinq Etoiles de la ville, accueille fréquemment des mariages, des conférences et des réunions politiques. Sa terrasse illuminée dominant la ville est particulièrement prisée des classes aisées.

L'établissement, ouvert en 1969, avait déjà été visé en juin 2011 par une attaque des talibans qui avait fait 21 morts. Depuis, l'hôtel avait renforcé la surveillance. Mais une journaliste de l'AFP a constaté quelques heures avant la tuerie que la fouille au corps, à l'entrée même du bâtiment, pouvait être aisément contournée en sautant les barrières.

Des mises en garde précises avaient été lancées depuis 48 heures concernant le risque d'attaques contre des lieux fréquentés par les étrangers. Ce qui avait conduit l'ONU et certaines ambassades à décréter l'état d'alerte.

A.S. avec AFP