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Migrants: la capitaine du Sea-Watch déclarée libre par la justice italienne

Carola Rackete a été arrêtée samedi après avoir accosté de force à Lampedusa. - HO / Sea Watch / AFP

Carola Rackete a été arrêtée samedi après avoir accosté de force à Lampedusa. - HO / Sea Watch / AFP - -

Carola Rackete, la jeune capitaine du Sea-Watch, qualifiée "d'emmerdeuse" par Matteo Salvini, navigue depuis huit ans, après des études en sciences nautiques et en protection de l'environnement.

Un juge italien s'est prononcé mardi soir en faveur de la libération de Carola Rackete, la capitaine allemande du navire humanitaire Sea-Watch 3 arrêtée samedi pour avoir accosté de force dans la petite île de Lampedusa avec 40 migrants à bord.

Le juge chargé de l'enquête préliminaire a en effet indiqué aux médias italiens qu'un décret italien sur la sécurité n'était "pas applicable aux actions de sauvetage".

Une décision déplorée par Matteo Salvini 

Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, qui a vivement déploré la décision de la magistrature italienne, a précisé que la capitaine allemande allait faire l'objet d'une mesure d'expulsion vers l'Allemagne car elle est "dangereuse pour la sécurité nationale". La mesure d'éloignement du territoire italien, avec accompagnement à la frontière, doit encore être confirmée par les autorités judiciaires, a-t-il précisé.

"Elle retournera dans son Allemagne, où il ne seraient pas aussi tolérants avec une Italienne si elle devait attenter à la vie de policiers allemands", a commenté celui qui est aussi vice-Premier ministre et patron de la Ligue (extrême droite). "L'Italie a relevé la tête: nous sommes fiers de défendre notre pays et d'être différents des autres petits leaders européens qui pensent pouvoir encore nous traiter comme leur colonie", a-t-il ajouté.

L'ONG Sea-Watch a pour sa part exprimé son soulagement dans un tweet : "nous sommes soulagés que notre capitaine soit libre ! Il n'y avait aucune raison de l'arrêter, car elle était engagée dans la défense des droits de l'homme en Méditerranée et prenait ses responsabilités là où aucun gouvernement européen ne le faisait".

L'Allemande de 31 ans avait été arrêtée dans la nuit de vendredi à samedi, placée samedi matin aux arrêts domiciliaires à Lampedusa, puis transférée lundi matin à Agrigente, la ville de Sicile dont dépend la petite île italienne. Lundi, elle avait été entendue pendant trois heures par la juge chargée de vérifier la validité de son arrestation.

"Il y a quelque chose d'incompréhensible"

Le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau a jugé lundi "incompréhensible" que l'on "emprisonne" Carola Rackete, la capitaine du navire humanitaire Sea-Watch, arrêtée samedi pour avoir accosté de force dans la petîte île de Lampedusa afin de débarquer 40 migrants.

"Il y a quelque chose d'incompréhensible à ce qu'on emprisonne quelqu'un qui a porté secours à des gens en train de se noyer ou qui présentaient le risque de se noyer", a estimé Marc Fesneau sur le plateau d'Audition Publique sur LCP/Public Sénat, avec le Figaro et l'AFP.
"Si on n'avait pas eu des bateaux comme cela en Méditerranée, combien de morts en plus?", s'est encore interrogé le ministre MoDem, alors que Mme Rackete était présentée lundi après-midi à un juge italien à Agrigente (Sicile).
Jeanne Bulant avec AFP