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Maroc: nouvelles arrestations à Al-Hoceïma

Manifestants à Al Hoceïma, au Maroc, le 8 juin 2017

Manifestants à Al Hoceïma, au Maroc, le 8 juin 2017 - FADEL SENNA, AFP

La police marocaine a procédé à trois nouvelles arrestations dans le nord du Maroc, secoué par un mouvement de contestation populaire.

Trois personnes, dont l'identité n'a pas encore été précisée, ont été arrêtées entre vendredi et samedi, a indiqué à l'AFP une source au sein de l'exécutif local. Un activiste local a affirmé pour sa part que six personnes avaient été interpellées vendredi, "trois dans la ville d'Al-Hoceïma, et trois dans des localités voisines". 

Al-Hoceïma est l'épicentre du "hirak" (la mouvance), le mouvement populaire qui revendique depuis sept mois le développement du Rif, une région "marginalisée" selon les manifestants. 

Des cas de torture selon des avocats 

Depuis le 29 mai dernier, les principaux meneurs de la contestation, dont son leader Nasser Zefzafi, ont été interpellés par la police. Nasser Zefzafi est notamment accusé d'avoir interrompu un prêche officiel dans une mosquée

Selon les derniers chiffres officiels, 86 personnes ont à ce jour été présentées à la Justice, dont une trentaine ont été placées en détention préventive, accusées de lourdes charges, et notamment "d'atteintes à la sécurité intérieure". Certains avocats des prévenus ont dénonce des cas de torture et de mauvais traitement. Le gouvernement a assuré, citant des instructions "royales fermes", que la loi sera appliquée "avec fermeté" si ces cas sont prouvés par des expertises médicales.

Quinze jours de manifestations 

D'après la presse marocaine, les familles des détenus viennent de créer un collectif de suivi, avec comme principal objectif de "militer" pour leur libération. 

Dans la rue, les manifestations se poursuivent depuis quinze jours à un rythme quotidien à Al-Hoceïma, ainsi que dans la localité voisine d'Imzouren, autre haut-lieu de la contestation. Elles ont lieu de nuit pour cause de ramadan, et se déroulent la plupart du temps sans incidents.

Des affrontements à Imzouren

Vendredi soir, ils étaient au moins un millier d'habitants à se rassembler à la rupture du jeûne du ramadan dans les ruelles du quartier populaire de Sidi Abed, a estimé l'AFP sur place. Selon la source au sein de l'exécutif local, ils n'étaient pas plus de 400. Samedi, la situation était normale dans la ville, avec une activité légèrement ralentie du fait du ramadan.

À Imzouren, de violents affrontements ont opposé policiers et manifestants dans la nuit de vendredi à samedi, une semaine après des incidents similaires.

M.P, avec AFP