BFMTV

Mali : plus de trois milliards d'euros pour «réussir la paix»

Le président du Mali par interim Dioncounda Traoré, le président français François Hollande et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, à Bruxelles. La communauté internationale a promis environ 3,25 milliards d'euros d'aide au Mali l

Le président du Mali par interim Dioncounda Traoré, le président français François Hollande et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, à Bruxelles. La communauté internationale a promis environ 3,25 milliards d'euros d'aide au Mali l - -

La communauté internationale a promis mercredi environ 3,25 milliards d'euros d'aide au Mali lors de la conférence des donateurs organisée à Bruxelles. La France devrait verser 280 millions d'euros pour aider à pacifier et à développer le pays.

La communauté internationale a promis mercredi environ 3,25 milliards d'euros d'aide au Mali lors de la conférence des donateurs organisée à Bruxelles, beaucoup plus que les deux milliards espérés par Bamako pour reconstruire le pays. Les participants, dont le président français François Hollande, ont dit l'importance de "réussir la paix" dans le pays d'Afrique de l'Ouest désireux d'organiser une élection présidentielle fin juillet, ce qui suppose une reprise de contrôle de tout le territoire par les autorités maliennes.
Quatre mois après l'intervention militaire française qui a contribué à chasser les islamistes du nord du pays, une conférence des donateurs était organisée sous la présidence conjointe de François Hollande, du président par intérim malien, Dioncounda Traoré, et du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

La France verse 280 millions

L'Union européenne a mis 520 millions d'euros sur la table et la France s'est engagée à hauteur de 280 millions - un chiffre qui inclut le dégel de 150 millions bloqués au moment du coup d'Etat de mars 2012 au Mali. Cet argent désormais rassemblé, le président français a souligné "l'exigence de transparence et de bonne gouvernance". "Chaque euro dépensé au service du développement du Mali doit être efficacement utilisé. Nous le devons aux Maliens, nous le devons aussi aux contribuables", a-t-il souligné. Un souci de vigilance partagé par les organisations non gouvernementales, qui demandent une assistance de long terme.
La conférence "n'est qu'un point d'étape pour la reconstruction d'un pays qui se déroulera sur plusieurs années et nécessitera un soutien à long terme de la France et de la communauté internationale", souligne dans un communiqué Friederike Röder, de l'organisation One France. Le Mali avait évalué à près de deux milliards d'euros l'aide nécessaire, estimant pouvoir financer lui-même la moitié du plan de reconstruction de 4,34 milliards d'euros envisagé pour les années 2013 et 2014.

« Succès inespéré »

La conférence de Bruxelles s'achève donc sur un "succès inespéré", a déclaré Dioncounda Traoré à la presse. Les fonds devraient notamment servir à financer des programmes d'éducation, de santé, des infrastructures et des projets de lutte contre la corruption. Une partie de la population malienne souffre de problèmes d'approvisionnement en nourriture. Selon l'organisation Oxfam, les combats ont entraîné le déplacement d'environ 467 000 personnes, soit le tiers des habitants du nord du pays.
La conférence de Bruxelles a soutenu le souhait du président Traoré d'organiser une élection présidentielle cet été, peut-être le 28 juillet, avec un second tour en août. D'ici là, la situation devra s'améliorer sur le terrain, en particulier à Kidal (Nord), tenue par les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). "Les élections doivent se tenir à la date prévue", a dit François Hollande. "C'est difficile d'y parvenir mais c'est un engagement et il doit être tenu parce que c'est la légitimité, c'est l'autorité des représentants du Mali qui est en cause". Paris a commencé à réduire les effectifs de son dispositif militaire au Mali pour confier un rôle accru à la force ouest-africaine, qui devrait être intégrée à partir de juillet dans la future force de paix de l'Onu, baptisée Minusma.

Philippe Gril avec Reuters