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Mali : Gilles Le Guen « a été utilisé par Aqmi car il est français »

Gilles Le Guen, le djihadiste français arrêté à Tombouctou au Mali

Gilles Le Guen, le djihadiste français arrêté à Tombouctou au Mali - -

Gilles Le Guen, 58 ans, le djihadiste français le plus recherché, a été arrêté près de Tombouctou par les forces françaises. Surnommé Abdel Jelil, installé au Mali depuis 5 ans, il est soupçonné d’être un des preneurs d’otages d’In Anemas en Algérie.

Il était activement recherché, les forces françaises lui ont mis la main dessus. Gilles Le Guen, le djihadiste français qui combattait aux côtés d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) au Mali a été arrêté par les militaires français près de Tombouctou dans le nord du Mali. « Il est détenu par les forces françaises et doit être remis aux autorités maliennes », a ajouté le colonel Thierry Burkhard. L'éventuel retour en France du prisonnier ne relève pas de l'armée française, a-t-il précisé. Le ministre de la Défense a pour sa part qualifié Gilles Le Guen de «paumé qui devient terroriste», évoquant « une dérive individuelle de fanatisme ». Jean-Yves Le Drian a également confirmé l'engagement total de Gilles Le Guen dans le terrorisme indiquant que le Français avait « combattu manifestement déjà dans les groupes djihadistes ».

« Pas le profil du jeune français qui veut jouer les djihadistes »

Dans une vidéo mise sur Internet à l'automne 2012, Le Guen avait mis en garde Paris contre l'intervention militaire au nord Mali. Des rumeurs qui ne sont pas confirmées font de lui l'un des preneurs d'otages du site gazier d'In Amenas, en Algérie, en janvier dernier. Né le 21 février 1955 à Nantes et titulaire d'un brevet de la marine marchande obtenu à la fin des années 80, Gilles Le Guen se faisait appeler Abdel Jelil. L'homme a beaucoup voyagé avant de s'installer au Maroc puis en Mauritanie puis au Mali depuis cinq ans avec sa deuxième épouse, une Marocaine. « C’est quelqu’un qui s’est converti à l’Islam à 18 ans, explique sur RMC Boris Thiolay reporter au service enquête de l'hebdomadaire l'Express. Donc il n’a pas le profil du jeune français qui voudrait aller jouer les djihadistes. En réalité c’est l’irruption des djihadistes dans la région et notamment à Tombouctou qui l’a poussé à épouser cette cause. C’est l’occasion qui a fait le larron ».

« Pas de responsabilité dans l’appareil d’Aqmi »

Si Gilles Le Guen est un radical convaincu prêt à prendre les armes, il ne semble pas qu’il ait eu une importance capitale au sein d’Aqmi. Selon Boris Thiolay, « Gilles Le Guen n’avait pas de responsabilité dans l’appareil d’Aqmi. Il doit plus se sentir déboussolé et penaud plutôt que de se considérer comme une prise de guerre qui va revendiquer pendant des années son combat pour Al-Qaïda. Je crois qu’il a été utilisé par Aqmi car il était français. Il était bien dans le casting : un djihadiste Français qui parle aux éventuels djihadistes Français ».
Après son arrestation par les forces françaises, son épouse a demandé à être rapatriée en France avec les cinq enfants du couple âgés de 3 à 10 ans ans, selon une source proche de l'enquête.

Tugdual de Dieuleveult avec M.Bodrero