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Londres: des notes de Mao vendues aux enchères pour près d'un million de dollars

Mao Zedong et Henry Kissinger sous les yeux de Gerald Ford.

Mao Zedong et Henry Kissinger sous les yeux de Gerald Ford. - Bibliothèque de Gerald Ford via Wikimedia Creative Commons

Des notes de la main du dirigeant chinois Mao Zedong viennent d'être vendues à Londres par la maison d'enchères Sotheby's. Ces écrits, qui témoignent de la mauvaise santé du leader communiste à la fin de sa vie, ont vu leur prix initial décuplé.

Mao Zedong avait décrit ses adversaires comme des "tigres de papier". Aujourd'hui, ce sont ses papiers à lui qui font florès dans les maisons de ventes. Les enchères londoniennes Sotheby's viennent de vendre pour 704.750 livres (soit 910.000 dollars) des notes de la main de l'ancien dirigeant de la République populaire de Chine, comme le raconte la BBC sur son site ce mardi. 

Ces écrits, qui datent de 1975 soit un an avant la mort de celui qui fut surnommé le "Grand Timonier", étaient destinés à une professeure engagée pour lui faire la lecture et témoignent de la passion de l'un des dictateurs les plus meurtriers du XXe siècle pour la littérature et la poésie classiques chinoises. Mais leur histoire retrace surtout entre les lignes le déclin physique de l'homme politique dans les derniers moments de sa vie.

Le paradoxe Mao

En effet, c'est parce que sa vue avait sensiblement baissé que Mao s'était décidé à recruter une aide pour continuer à avoir accès aux grands textes. Après avoir jeté son dévolu sur Di Lu, il a commencé à mener des entretiens avec elle. Mais le leader communiste conjuguait à ses problèmes de vues une articulation de plus en plus défaillante. La professeure lui a alors demandé de coucher ses pensées par écrit. C'est ainsi que sont nées les notes qui ont fait l'objet de ces transactions. Selon Gabriel Heaton, spécialiste des manuscrits auprès de la maison Sotheby's, ces écritures sont "une indication du paysage culturel intérieur de Mao, de ses intérêts bien au-delà de la politique et sa connaissance profonde de la littérature chinoise classique".

Avant de s'installer à la tête de la Chine entre 1949 et 1976, avant même le militantisme révolutionnaire, Mao Zedong a d'ailleurs été employé quelques temps à la bibliothèque de l'université de Pékin. Mais ce goût pour les lettres chinoises a tout de même quoi surprendre si l'on considère qu'en lançant en 1966 la révolution culturelle, à l'origine de millions de morts, Mao avait enjoint ses partisans à se débarrasser des "vieilleries" dont "les vieilles idées" et "la vieille culture". Certains de ses soutiens les plus zélés avaient même mis à sac le cimetière de Confucius

Robin Verner