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Libye: la production sur un important champ pétrolier de nouveau bloquée

Le quartier général de la compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) à Tripoli, le 10 septembre 2018

Le quartier général de la compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) à Tripoli, le 10 septembre 2018 - Mahmud TURKIA, AFP

Un important champ pétrolier de Libye, dont la production venait à peine de reprendre, a de nouveau été bloqué à la suite d'une attaque d'un "groupe armé", a indiqué mardi la Compagnie nationale de pétrole (NOC).

La NOC "condamne fermement le crime commis par un groupe armé (...) venu de Sebha (sud) qui a pris d’assaut le champ pétrolier d’al-Charara lundi soir", a déclaré dans un communiqué la NOC, institution basée à Tripoli, siège du gouvernement d'union (GNA).

Ces hommes ont "pointé leurs armes sur les travailleurs civils (...), les forçant à stopper la production", "trois jours seulement après sa reprise", a-t-elle ajouté, précisant avoir décrété en conséquence l'état de "force majeure".

La Libye, qui dispose des réserves les plus abondantes d'Afrique, est déchirée par un long conflit entre pouvoirs rivaux, avec le GNA d'un côté et le maréchal Khalifa Haftar, qui règne sur l'Est et une partie du Sud, de l'autre.

Alors que le GNA a engrangé une série de succès militaires ces dernières semaines, la reprise de la production sur le site d'Al-Charara, toujours sous contrôle des pro-Haftar, avait été annoncée ce week-end.

Ce site avait été initialement bloqué en janvier par le camp Haftar, qui comptait utiliser ce dossier comme un levier dans les pourparlers avec le pouvoir de Tripoli.

Le champ d’al-Charara, dans la région d'Oubari (environ 900 km au sud de Tripoli), produit en temps normal 315.000 barils par jour, sur une production nationale de plus d'un million de barils par jour, selon la compagnie nationale.

Il est géré par la société Akakus, une joint-venture entre la NOC, l'Espagnol Repsol, le Français Total, l'Autrichien OMV et le Norvégien Statoil.

Dans son communiqué, la NOC affirme que le groupe armé ayant attaqué l'installation lundi soir était "sous le commandement" de responsables des "GIP", les Gardes des installations pétrolières.

Ces GIP ont fait allégeance au camp du maréchal Haftar dans le cadre du conflit entre pouvoirs rivaux.

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, mais le conflit s'est aggravé en avril 2019 avec l'offensive des pro-Haftar contre la capitale Tripoli, et l'implication croissante, dans les deux camps, de puissances étrangères.

Depuis cette date, la guerre a fait des centaines de morts, dont de nombreux civils, et poussé plus de 200.000 personnes à fuir leur domicile.

L'économie de la Libye, essentiellement axée sur les revenus du pétrole, est désormais grandement fragilisée.

Tripoli (AFP), © 2020 AFP