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Libye : Kadhafi accuse la France d'ingérence

Mouammar Kadhafi dénonce l'ingérence de la communauté internationale, et notamment de la France : « Vraiment, ça fait rire, cette ingérence dans les affaires d'un pays... »

Mouammar Kadhafi dénonce l'ingérence de la communauté internationale, et notamment de la France : « Vraiment, ça fait rire, cette ingérence dans les affaires d'un pays... » - -

Après le soutien de Paris au Conseil national libyen formé par les insurgés, Mouammar Kadhafi accuse toujours Al-Qaïda d'être à l'origine de la "crise" libyenne et dénonce l'ingérence de la communauté internationale, et notamment de la France. Réactions et explications.

La France prend clairement position contre Kadhafi. Le ministère des Affaires étrangères a reconnu hier dimanche comme seul interlocuteur en Libye le Conseil national libyen, instance des insurgés qui s'oppose depuis le 15 février aux forces de Mouammar Kadhafi.

« Parce que les Libyens prennent eux-mêmes les choses en mains »

Bernard Valéro, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, explique pourquoi la France a choisi de soutenir ce Conseil national libyen : « nous sommes engagés aux côtés de ceux qui luttent contre le régime de monsieur Kadhafi et c’est dans cet esprit, dans cette perspective, que nous avons apporté l’appui de la France au Conseil national libyen, parce que c’est la marque de la résistance libyenne et du fait que les Libyens prennent eux-mêmes les choses en mains, pour amorcer ce virage vers la démocratie, dont ce pays a tant besoin. »

Kadhafi : « Comme si nous nous ingérions dans les affaires de la Corse... »

De son côté, dans une interview à France 24 diffusée ce lundi, Mouammar Kadhafi accuse de nouveau Al-Qaïda d'être à l'origine de la "crise" libyenne et dénonce l'ingérence de la communauté internationale, et notamment de la France : « Vraiment, ça fait rire, cette ingérence dans les affaires d'un pays. C'est comme si nous nous ingérions dans les affaires de la Corse ou de la Sardaigne... »

« La France n’a pas peur d’Al Qaïda en Libye »

Paris, critiqué pour sa complaisance à l'égard des régimes corrompus de Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Égypte, a adopté dès le début de la crise libyenne une attitude d'intransigeance. « Je crois que la France, comme beaucoup d’autres pays, a été prise de court par ce qu’il s’est passé en Egypte et en Tunisie, explique Dominique Moïsi, spécialiste des relations internationales, conseiller auprès de l'Institut français des relations internationales (Ifri). Maintenant elle ne l’est pas par l’évolution actuelle ; on apprend de ses échecs, de ses erreurs… »
Vantant la prise de position « forte » de la France, il ajoute : « il s’agit de renforcer l’opposition, à un moment où Kadhafi se présente comme l’homme qui est le rempart contre Al Qaïda ; il s’agit de dire que non seulement la France n’a pas peur d’Al Qaïda en Libye, mais que l’homme qui est le plus grand danger pour la situation locale, c’est le Colonel Kadhafi lui-même. »