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Libye: au moins 40 morts après un raid aérien sur un centre de migrants

Le centre après le raid aérien

Le centre après le raid aérien - MAHMUD TURKIA / AFP

Cette frappe n'a pas été revendiquée mais des médias pro-Haftar ont fait état mardi soir d'une "série de raids aériens" à Tripoli et Tajoura.

Lors d'un raid aérien survenu la nuit passée, une quarantaine de migrants ont trouvé la mort dans un centre de détention près de Tripoli. La frape est attribuée aux forces de Khalifa Haftar engagées dans une offensive sur la capitale libyenne et qui a suscité de vives condamnations.

De plus, au moins 70 d'entre eux ont également été blessés dans l'attaque, selon un "bilan préliminaire" fourni par un porte-parole des services de secours, Osama Ali.

"Le bilan pourrait s'aggraver", a-t-il ajouté, précisant que 120 migrants étaient détenus dans le hangar quand il a été touché de plein fouet.

"Le bilan pourrait s'aggraver"

Selon un photographe de l'AFP arrivé tôt sur place mercredi, plusieurs corps gisaient au sol aux côtés de restes humains mêlés aux affaires et vêtements des migrants maculés de sang.

Les services de secours recherchaient d'éventuels survivants sous les décombres, tandis que des dizaines d'ambulances avaient été déployées, selon la même source.

Le Gouvernement d'union (GNA) a accusé les forces pro-Haftar d'avoir mené une attaque "préméditée" et "précise" contre le centre. Cette frappe n'a pas été revendiquée mais des médias pro-Haftar ont fait état mardi soir d'une "série de raids aériens" à Tripoli et Tajoura.

La banlieue de Tajoura, qui compte plusieurs sites militaires appartenant aux groupes armés pro-GNA, est régulièrement la cible de raids aériens des forces pro-Haftar.

Vives critiques 

Dans de premières réactions, l'ONU et des ONG ont fait part de leur "effroi".

Réagissant sur Twitter, le chef du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, a porté "trois messages clés: les migrants et réfugiés ne doivent PAS être en détention, les civils ne doivent PAS être des cibles, la Libye n'est PAS un lieu sûr pour un renvoi" des migrants.

De son côté, l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, a condamné mercredi le raid aérien contre un centre pour migrants près de la capitale Tripoli, dénonçant un possible crime de guerre.

"Cet attentat pourrait clairement constituer un crime de guerre, frappant des innocents (...) contraints d'échouer dans cet abri par des conditions de vie épouvantables", a indiqué M. Salamé. Il a appelé la communauté internationale "à condamner ce crime et à imposer les sanctions appropriées à ceux qui ont mené cette opération en violation flagrante du droit international humanitaire".

Finalement, la France a également "condamné" le raid aérien. "À la suite de ce drame, la France appelle à nouveau les parties à une désescalade immédiate et à la cessation des combats", a souligné le ministère des Affaires étrangères.

Hugo Septier avec AFP