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Les USA appellent à quitter le Yémen, où la contestation enfle

Manifestants demandant le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, dimanche devant l'université de Sanaa. Les Etats-Unis conseillent à leurs ressortissants de quitter le Yémen en raison d'un "risque extrêmement élevé en matière sécuritaire du fait

Manifestants demandant le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, dimanche devant l'université de Sanaa. Les Etats-Unis conseillent à leurs ressortissants de quitter le Yémen en raison d'un "risque extrêmement élevé en matière sécuritaire du fait - -

par Mohamed Soudam SANAA (Reuters) - Les Etats-Unis ont conseillé à leurs ressortissants dimanche de quitter le Yémen en raison d'un "risque...

par Mohamed Soudam

SANAA (Reuters) - Les Etats-Unis ont conseillé à leurs ressortissants dimanche de quitter le Yémen en raison d'un "risque extrêmement élevé en matière sécuritaire du fait des activités des terroristes et de l'agitation sociale".

Les autorités locales ont annoncé le même jour la mort de quatre policiers dans une embuscade à l'est de Sanaa imputable probablement à Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), que les Etats-Unis aident le gouvernement yéménite à combattre.

A Zindjibar, dans le Sud, un officier de renseignement de haut rang figurant sur la liste d'Aqpa des cibles à abattre a été tué, a-t-on appris dimanche de source autorisée.

Mais, aujourd'hui, c'est la vague de contestation contre le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, qui inquiète Washington.

En dépit de la mobilisation sans précédent de ses opposants - ils étaient 100.000 vendredi à Sanaa pour réclamer son départ - Saleh a exclu ce week-end de partir avant la fin de son mandat, en 2013.

Le ton des opposants, qui campent par dizaines de milliers dans les rues des grandes villes du pays, se durcit de jour en jour. Dimanche, des partisans de Saleh les ont attaqués à coups de pierres et de bâton, faisant 25 blessés, dont six sont "dans un état critique", rapportent des opposants.

Dans une note adressée aux ressortissants américains, le département d'Etat leur a déconseillé de se rendre au Yémen et a demandé à ceux qui s'y trouvaient d'"envisager de quitter" le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Le département d'Etat, qui craint des attaques contre des citoyens, bâtiments et entreprises américains au Yémen, a admis que sa capacité à secourir les ressortissants américains dans ce pays en cas d'aggravation de la crise serait "extrêmement limitée".

Voisin de la stratégique Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, le Yémen était déjà affaibli par une rébellion chiite au nord, un mouvement sécessionniste au sud et le regain d'activité d'Aqpa lorsque le vent des révoltes arabes a commencé à souffler sur le régime de Saleh.

"Le pays est au bord de l'implosion", estime l'analyste de Dubaï Théodore Karazik. "Ce soulèvement populaire va atteindre un crescendo et provoquer encore plus de violence. Nous observons au Yémen l'émergence d'une situation à la libyenne", ajoute-t-il.

Marc Delteil pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse