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Les sénateurs américains lancent le débat sur l'abrogation d'Obamacare

John McCain rentre au Sénat, atteint physiquement.

John McCain rentre au Sénat, atteint physiquement. - WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le Sénat a voté de justesse ce mardi l'ouverture d'une session de 20h pour discuter de l'Obamacare, système de couverture sociale, que le président Trump entend démanteler. John McCain est revenu de l'Arizona où il est traité pour un cancer du cerveau pour ce vote.

Soumis à une pression exceptionnelle de Donald Trump, les sénateurs américains ont finalement voté mardi en faveur de l'ouverture du débat sur l'abrogation de la réforme du système de santé de Barack Obama. Mais le pari est loin d'être gagné. Le Sénat, à majorité républicaine, a voté de justesse pour une simple motion de procédure qui autorise 20 heures de discussions dans l'hémicycle et de nombreux votes sur des amendements.

Trump gagne la première bataille

C'est néanmoins une victoire d'étape éclatante pour le président américain, qui avait sommé les sénateurs de son camp de taire leurs différences et d'avancer sur cette réforme enlisée depuis des mois. "Je salue le Sénat pour avoir fait un pas de géant vers la fin du cauchemar Obamacare", a déclaré Donald Trump. La majorité avait jeté l'éponge la semaine dernière, face à ses dissensions internes. Donald Trump avait alors lancé une campagne de charme, mêlée à des menaces de représailles, afin de dissuader les sénateurs de son camp de faire défection.

A l'heure du vote, sur les 52 sénateurs républicains, seules deux ont osé dire non: Susan Collins (Maine) et Lisa Murkowski (Alaska). Le vote final est de 51 voix contre 50, le vice-président Mike Pence ayant apporté la 51e voix, comme la Constitution permet au président du Sénat de le faire en cas d'égalité.

Un retour plein d'ambiguïté pour John McCain

Illustration de la fragilité du vote, le sénateur John McCain, revenu exprès d'Arizona où il est traité pour un cancer du cerveau, a voté oui mais a prévenu qu'il voterait non au moment du vote final, si le texte définitif n'était pas satisfaisant. Il a dénoncé la stratégie du chef de groupe consistant à "nous persuader d'avaler nos doutes et de passer en force contre l'opposition. Je ne pense pas que cela marchera, et c'est probablement mieux ainsi".

C'est la quadrature du cercle, entre les conservateurs qui poussent pour une abrogation sèche d'Obamacare, et les modérés qui refusent de sabrer le budget de la santé. Ces derniers veulent préserver au maximum les financements de Medicare, la couverture maladie publique qui assure les Américains les plus pauvres.

R.V. avec AFP