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Les scénarios qui se profilent pour les derniers jours de Donald Trump à la Maison Blanche

À onze jours de son départ de la Maison Blanche, le président est sous le feu des critiques après les violences survenues au Capitole. De plus en plus isolé, le milliardaire compte néanmoins d'aller jusqu'au terme de son mandat, quitte à profiter de cette période pour remotiver ses troupes en vue de 2024.

Etre écarté du pouvoir, démissionner, se faire discret ou s'affranchir de toutes les conventions? Plusieurs scénarios s'esquissent pour les 12 derniers jours du mandat de Donald Trump après le coup de force de ses partisans au Capitole.

L'invocation du 25e amendement peu probable

Démocrates, éditorialistes et même quelques voix républicaines veulent démettre immédiatement Donald Trump, un comble pour celui qui, en tant que présentateur de téléréalité, se plaisait à lancer aux candidats: "Vous êtes viré!"

Ils pressent le vice-président Mike Pence d'activer le 25e amendement de la Constitution, qui permet de mettre à l'écart un président jugé "inapte" à exercer ses fonctions.

Le loyal Mike Pence n'y est toutefois pas favorable, selon les médias américains. Pour agir, il lui faudrait en outre avoir le soutien d'une majorité des membres du gouvernement, ce qui paraît impossible, surtout après le départ de deux ministres troublées par les violences de mercredi.

Une seconde procédure d'impeachment quasi-impossible

Si Mike Pence n'agit pas, le Congrès lancera une nouvelle procédure en destitution. Une mise en accusation pour "incitation à l'insurrection" pourrait être introduite à la Chambre des représentants dès lundi, selon les médias.

Pour destituer Donald Trump, il faudrait ensuite qu'il soit jugé coupable par les deux tiers du Sénat, ce qui n'a aucune chance de se produire avant la prestation de serment de Joe Biden, le 20 janvier.

Reste qu'un second "impeachment", après l'échec d'un procès en destitution début 2020, laisserait une marque indélébile sur son bilan: aucun président américain n'a subi cette infamie.

Sa démission souhaitée mais difficilement imaginable

Le Wall Street Journal, propriété du magnat Rupert Murdoch qui fut un allié de Donald Trump, l'a appelé à "assumer sa responsabilité personnelle et à démissionner". "C'est mieux pour tout le monde, y compris lui-même, s'il s'en va tranquillement", ont écrit ses éditorialistes.

"Je veux qu'il démissionne. Je veux le voir partir. Il a causé assez de dégâts", a renchéri la sénatrice républicaine Lisa Murkowski, une modérée, dans un entretien au journal Anchorage Daily News. "C'est la chose à faire, mais je ne suis pas sûre qu'il soit capable de faire une bonne chose", a-t-elle ajouté.

Malgré son changement de ton jeudi, le président n'a pas fait le lien entre ses appels enflammés à ses partisans et leur coup de force sur le siège du Congrès. Peu enclin à l'autocritique, il serait en effet surprenant qu'il suive ces conseils.

Quitter Washington pour son golf en Floride

Ceux qu'il écoute encore "devraient dire au président Trump de quitter la ville: prenez Air Force One, allez à Mar-a-Lago et restez-y", a estimé sur NPR l'ex ministre à la Sécurité intérieure de Barack Obama, Jeh Johnson.

"Moins le président en fera pendant les douze prochains jours, mieux ce sera", a également estimé le sénateur républicain Ben Sasse sur les ondes de cette radio.

Féru de golf, Donald Trump possède de nombreuses propriétés en Floride, en Virginie, mais aussi en Ecosse, où il a déjà passé beaucoup de temps pendant sa présidence. Il pourrait s'y rendre à nouveau. Le président sortant est par ailleurs privé depuis vendredi de sa deuxième occupation préférée: tweeter. La plateforme a annoncé suspendre son compte de façon permanente.

Se préparer pour 2024

Donald Trump qui, avant ces événements, avait évoqué une nouvelle candidature à la présidence en 2024, n'a peut-être pas renoncé. Il pourrait alors être tenté d'utilisé les derniers jours de son mandat pour solidifier sa base électorale.

Malgré ses promesses d'assurer une transition "sans accrocs", il a fait savoir qu'il n'assisterait pas à la cérémonie d'investiture de son successeur, du jamais vu depuis 1869.

Selon les médias, il prépare une visite la semaine prochaine à la frontière sud pour vanter sa fermeté en matière de politique migratoire. Il envisagerait aussi de donner une interview de fin de mandat ce qui, sans script, pourrait faire rejaillir ses habituelles diatribes et théories du complot.

Selon plusieurs médias, il s'est également renseigné ces dernières semaines auprès de ses conseillers sur la possibilité de s'accorder lui-même une grâce présidentielle.

Hugues Garnier avec AFP Journaliste BFMTV