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Les Nations unies s'inquiètent du trafic de tramadol, drogue des jihadistes au Sahel

Comprimés. (Photo d'illustration)

Comprimés. (Photo d'illustration) - LOIC VENANCE / AFP

Un opioïde de synthèse, connu pour ses vertus antidouleurs, nommé le tramadol, fait des ravages en Afrique de l'ouest. Les Nations unies s'alarment de la montée en puissance du trafic de cette drogue très souvent utilisée par les jihadistes au Sahel.

L'office des Nations unies contre la drogue et le crime s'est alarmé ce lundi de l'ampleur prise en Afrique par le trafic de tramadol, un opioïde de synthèse connu en principe comme antidouleur, et particulièrement au Mali et au Niger. Les dosages utilisés par les consommateurs sont souvent cinq fois supérieurs aux dosages préconisés. A Gao, au Mali, une membre du milieu associatif assure que des enfants diluent des cachets dans du thé afin de s'en servir comme coupe-faim, dès l'âge de onze ou douze ans. 

Mais c'est un autre volet du problème qui retient la plus grande attention: des comprimés de tramadol sont régulièrement découverts dans les affaires de jihadistes avérés ou de suspects d'actes de terrorisme. Et leur approvisionnement est gigantesque: il y a quatre mois, les douanes camerounaises saisissaient plus de 600.000 comprimés destinés à Boko Haram, groupe salafiste nigérian qui a fait allégeance à Daesh. Trois millions de cachets ont encore été trouvés dans des cartons aux couleurs de l'ONU à la frontière entre le Niger et le Mali.

Une crise humanitaire 

Souvent produite en Inde, la drogue, lorsqu'elle échappe à la surveillance indienne, transite par le Moyen-Orient avant d'arriver en Libye, au Nigeria, au Bénin, au Ghana ou au Cameroun, pour mieux être dirigée vers les milices jihadistes au Sahel. 

Pour parer à la menace, les Nations unies s'en remettent tout d'abord à leur programme Sahel, qui vise à renforcer le contrôle des frontières et la coopération entre les différents services de renseignements. Mais les observateurs expliquent qu'il est avant tout nécessaire de résoudre la crise humanitaire, qui altère les conditions de vie de douze millions de personnes dans le Sahel, pour espérer stopper l'engrenage. 

R.V. avec Benaouda Abdeddaïm